L’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei a ouvert une période d’incertitude politique majeure à Téhéran. Conformément à la Constitution, c’est l’Assemblée des experts, un organe composé de religieux chiites, qui doit désigner le prochain guide suprême, véritable détenteur du pouvoir politique et militaire en Iran. Parmi les personnalités évoquées pour lui succéder, trois noms reviennent avec insistance.
Le premier est celui de Mojtaba Khamenei, fils du défunt guide. Clerc influent âgé d’une cinquantaine d’années, il exerce depuis longtemps une forte influence dans les cercles du pouvoir iranien, notamment au sein des Gardiens de la révolution.
Retour de Rohani ?
Bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction officielle majeure, il était considéré comme l’un des principaux relais politiques de son père et dispose de solides réseaux dans l’appareil sécuritaire du gouvernement. Sa possible nomination reste toutefois controversée : certains y voient une dérive dynastique dans un gouvernement né précisément de la chute de la monarchie du shah en 1979.
Autre nom souvent évoqué : Hassan Rohani. Ancien président de la République islamique entre 2013 et 2021, Rohani appartient au camp des pragmatiques du gouvernement. Clerc chiite expérimenté et fin négociateur, il s’est fait connaître à l’international pour avoir porté l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances occidentales. Son profil pourrait séduire une partie de l’establishment iranien soucieuse de stabiliser le pays dans un contexte régional explosif.
Enfin, certains analystes évoquent également le nom de Mohammad Javad Zarif. Ancien ministre des Affaires étrangères et figure emblématique de la diplomatie iranienne, Zarif est connu pour son rôle central dans les négociations nucléaires. S’il ne fait pas partie du clergé dominant, un handicap dans le système théocratique iranien, son expérience internationale et son image plus modérée lui confèrent un certain poids dans les débats sur l’avenir du régime.












