Condamné en 2019 à 6 mois de prison ferme pour actes contre-nature, Ismaila Diallo a encore récidivé en 2021. Cette fois-ci, il a été surpris dans un bâtiment en construction en train de sodomiser un mineur de 8 ans. Cet accusé, domicilié à Rufisque, risque 20 ans de réclusion criminelle pour viol, pédophilie et actes contre-nature, devant la chambre criminelle de Dakar où il a comparu avant-hier, mardi 10 mars 2026.
Le procès de Ismaila Diallo coïncide avec une période où une frange de la population sénégalaise réclame la criminalisation de l'homosexualité à la suite de l'arrestation d'une série d'individus pour des faits d'actes contre-nature. Mais, alors qu’on parle de durcissement de la peine, le procureur a mis la barre très haut en ce qui le concerne, car il a requis 20 ans de réclusion criminelle contre lui pour viol, pédophilie et actes contre-nature commis sur mineur de 8 ans. Les faits ont eu lieu en 2021 à Rufisque, dans le quartier de Gouye Mouride. Ismaila Diallo, qui était âgé de 19 ans à cette période, a été surpris en flagrant délit en train de sodomiser son voisin, le garçon P. D. Kane. Les passants, selon l'enquête, ont été alertés par les cris de détresse du garçon.
Le jeune garçon de 8 ans ‘’gâté’’
D'après le récit de M. Kane, père de la victime qui avait saisi le commissariat de Gouye Mouride d'une plainte, le 16 juillet 2021, son fils avait été victime d'abus sexuels répétés de la part de Ismaila Diallo. Il précisait que son fils ne cessait de se plaindre d'abcès à l'anus. Conduit à l'hôpital Youssoupha Mbargane de Rufisque, les médecins ont constaté des fissures anales récentes et anciennes, ce qui corrobore que l'enfant venait de subir des attaques sexuelles.
Le garçon, entendu à son tour, avait révélé que Ismaila Diallo a, par trois fois, abusé de lui sexuellement. Il précisait que l'accusé, à chaque fois qu'il le croisait dans la rue, le conduisait dans un bâtiment en construction où il le déshabillait avant de le sodomiser. Alpagué, il n’a pas cherché à nier. Ismaila Diallo déclarait même qu'il est habitué des faits. Pour sa défense, il avait confié aux enquêteurs avoir été violé dans son daara par son maître-coranique.
Les aveux terribles de Ismaïla Diallo
Devant le juge d'instruction, il a encore été plus prolixe. Il soutenait non seulement avoir une fois sodomisé le mineur, mais confiait que ses parents sont au courant de ses penchants sexuels. Il révèle leur avoir même demandé de lui trouver une épouse pour qu'il puisse arrêter. Placé sous mandat de dépôt le 26 juillet 2021, l'accusé âgé aujourd'hui de 24 ans a été jugé avant-hier, mardi 10 mars 2026.
À la barre du tribunal, il a balayé tous les aveux qu'il avait faits à la police et devant le magistrat instructeur. Il a expliqué au tribunal que le jour des faits, c'est le mineur qui l'a rejoint après l'école à son commerce vers 17h avant de l'inviter à avoir des rapports sexuels. Le prévenu de poursuivre que c’est quand il se déshabillait pour passer à l'acte qu'il a été surpris dans cette maison en chantier. "On n’a pas pu le faire finalement car on a été surpris juste après qu'on s'est déshabillé", a-t-il prétexté.
L’avocat du prévenu évoque la clause de conscience et ‘’s’en lave les mains’’
Le procureur, parlant de gravité des faits du fait de la minorité de la victime, a requis contre Ismaila Diallo la réclusion criminelle de 20 ans. L'avocat de la défense, après avoir parlé du revirement de son client à la barre, a évoqué la clause de conscience avant de s'en remettre à la sagesse du tribunal pour ce qui est du sort de l'accusé. En l'absence de la victime et de son civilement responsable à l'audience, le tribunal a fixé le délibéré pour le 14 avril 2026.
Fatou D. DIONE













