En perspective de la Déclaration de politique générale du chef du Gouvernement, la Cosydep a exprimé ses orientations autour de la nécessité d’améliorer le cadre normatif de l’éducation. A cet effet, trois points ont été cibles : la loi sur l’obligation scolaire qui peine à être effective pour tous ; la Loi d’orientation de l’éducation devenue obsolète ; et un Code de l’enfant qui doit être adopté.
En attendant la déclaration de politique générale du Premier ministre à l’Assemblée nationale, la Cosydep a formulé ses attentes pour améliorer le cadre normatif du secteur de l’éducation. « L’obligation scolaire constitue un engagement de l’État à garantir effectivement le droit à l’éducation. Elle doit être pensée à la fois comme une exigence de justice éducative et d’équité mais aussi un investissement économique et social », rappelle d’emblée le patron de la Cosydep. A l’en croire, il ne suffit pas seulement de proclamer que l’école est obligatoire. Il faut, dit-il, créer les conditions permettant à chaque enfant d’entrer à l’école, d’y rester, d’apprendre et d’achever son parcours dans des conditions dignes. « Cela implique une meilleure articulation des obligations : disponibilité des infrastructures, recrutement d’enseignants, équipements, transport scolaire, alimentation scolaire, accompagnement des enfants issus de familles vulnérables », explique Cheikh Mbow. Poursuivant, il révèle que la loi devrait permettre d’identifier les catégories d’enfants vulnérables pour davantage les soutenir tout en prévoyant des mesures spécifiques en leur faveur ; faisant allusion aux enfants handicapés, enfants issus de ménages pauvres, enfants travailleurs, enfants vivant dans la rue, filles exposées au mariage ou aux grossesses précoces, enfants déplacés ou affectés par des crises, enfants vivant dans des zones enclavées, etc.
Adapter le cadre juridique aux mutations
En outre, la Cosydep estime que le cadre juridique actuel de la loi d’orientation apparaît insuffisamment adapté aux transformations profondes intervenues dans la société. Il en veut pour preuve d’importantes mutations depuis l’adoption de la loi actuelle qui date de 1991 avec des modifications en 2004. Or, entre temps, il y a eu l’évolution démographique, la transformation du marché du travail, le développement du numérique et de l’intelligence artificielle, le changement climatique, les nouvelles exigences en matière de compétences, d’expansion de la privatisation, la montée des préoccupations liées à l’inclusion et à la protection de l’enfant. Ce qui lui fait dire qu’une nouvelle loi devrait clarifier les finalités de l’éducation nationale et permettre de mieux articuler les nombreuses réformes éducatives engagées au Sénégal. « Le problème n’est plus seulement de multiplier les initiatives ou les programmes, mais de disposer d’un cadre cohérent permettant d’assurer leur continuité, leur articulation, leur financement et leur évaluation », note la Cosydep.
La protection et la sécurité au cœur de la politique éducative
La Cosydep a, par ailleurs, plaidé pour renforcement du Code de l’enfant qui permettrait, dit-il, de renforcer le dispositif de protection de l’enfant. « Les enfants peuvent être exposés à différentes formes de violences, de négligence, d’exploitation ou de discrimination, aussi bien dans leur environnement familial que communautaire ou scolaire. Les violences physiques et psychologiques, les abus sexuels, le harcèlement, l’exploitation économique, le travail des enfants, les mariages précoces, les pratiques néfastes et les risques liés à l’environnement numérique constituent autant de menaces qui peuvent compromettre leur développement et leur réussite scolaire. L’école ne peut pleinement remplir sa mission éducative si l’enfant n’est pas protégé. Le droit à l’éducation est indissociable du droit à la sécurité, à la dignité, à l’intégrité physique et morale et à un environnement protecteur », fait remarquer Cheikh Mbow. En effet, il est persuadé que le code de l’enfant devrait davantage consacrer l’intérêt supérieur de l’enfant. « L’adoption d’un Code de l’enfant permettrait de rassembler, d’harmoniser et de rendre plus lisibles les droits et les mécanismes de protection de l’enfant. Il devrait définir clairement les responsabilités respectives de l'État, des collectivités territoriales, des familles, des établissements scolaires, des communautés et de l'ensemble des acteurs intervenant auprès des enfants », martèle M. Mbow.
M. CISS













