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ELIMANE DIOUF, SG DE LA CSA SUR LA RENCONTRE AUJOURDHUI ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LE FRONT SYNDICAL « Ce que nous attendons… »




 
Le gouvernement et le Front syndical pour la défense du travail vont se retrouver à nouveau aujourd’hui pour un autre round de négociations sur les vingt-huit (28) points, objet d'un préavis de grève, avec tournées dans les régions, assemblées générales et 72 heures de grève générale. À quelques heures de ce rendez-vous, le secrétaire général de la Csa, Elimane Diouf, s'est prêté aux questions du journal « Les Echos ». Secrets de la dernière évaluation de la grève de 24 heures, suivie à presque 80%, le problème avec Dianté, les décisions des nouvelles autorités, Diomaye Faye, Ousmane Sonko, Elimane Diouf dit tout. 
 
Jeudi dernier, le Front syndical pour la défense du travail avait face à la presse, pour faire l'évaluation de ses discussions avec le gouvernement. A la date d'aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut retenir. Y a-t-il eu évolution ou pas ?
 
 
Effectivement, le Front s'était félicité du suivi du mot d'ordre de grève qui était évalué entre 75 et 80 pour cent dans le monde du travail au Sénégal. Nous avons également fustigé le comportement du gouvernement à travers son ministre du Travail, M. Mamadou Lamine Dianté, qui a tenté de déstabiliser la grève, en essayant d'utiliser des subterfuges, en parlant de préavis de grève qui n'a pas respecté les règles. Et nous lui avons fait comprendre que le processus du préavis a bien respecté les règles et c'est le premier préavis déposé qui avait permis, quand le gouvernement a appelé à des négociations sous Abass Fall, d'aller vers la signature du Pacte. 
Ce deuxième préavis, nous l'avons déposé sur 28 points dont une grande partie est dans la mise en œuvre du Pacte dont l'ensemble des points cités n'ont pas pu être mis en œuvre correctement. N'ont pas respecté les délais qui étaient inscrits dans le plan de mise en œuvre du Pacte que nous avions élaboré en tripartite : entre le gouvernement, les travailleurs et le patronat.
S'y ajoute, et ce point-là était inscrit dans le Pacte, que les gens oublient ou cherchent à oublier, surtout le gouvernement, que dans le Pacte, il était bien dit qu'il fallait finaliser les négociations sur les deux codes. Le Code du travail et le Code de sécurité social. Donc, tout point inscrit dans le cadre du Pacte dont la mise en œuvre était immédiate, ce processus-là n'a pas été mené à bon port. Donc c'est cela qui fait que l'ensemble de ces points constituaient le pourquoi le Front syndical s'est remobilisé pour aller en grève. Maintenant, nous avions bien dit que notre plan d'actions, nous allons le poursuivre.  Nous allons aller vers la remobilisation des travailleurs si le gouvernement ne réagit pas par rapport à ces demandes qui sont inscrits dans le préavis de grève et qui sont dans le plan de mise en œuvre du Pacte.
 
Les centrales syndicales avaient fixé un ultimatum au gouvernement, en déclarant que si les choses ne bougeaient pas, vous n'écartiez pas l'idée d'aller vers une grève générale. Est-ce que cela tient toujours ?
 
Le gouvernement a réagi, pas directement, pour des négociations en ce qui concerne le plan d'actions du préavis, mais il a réagi par rapport à la mise en œuvre du Pacte, en convoquant le comité technique de suivi du Pacte. Et ce comité technique de suivi du Pacte doit se réunir ce vendredi (aujourd'hui). 
Nous avons effectivement pris connaissance de la convocation. Bien vrai que cette convocation telle qu'elle est libellée ne convient pas, mais nous irons à la rencontre du gouvernement pour évaluer le processus de mise en œuvre du Pacte. S'il y a des avancées qui permettent d'évacuer sur les 28 points que nous avons dans la plateforme du préavis, nous prendrons acte. S'il n'y a pas d'évolution, nous prendrons les mesures nécessaires pour aller vers le second plan d'actions avec grève générale de 72 heures. 
 
 
Que dit Al Aminou Lô, par rapport aux revendications des travailleurs sur les dossiers (modification du Code du travail et autre) qui restent bloqués à l'Assemblée nationale ?
 
Il a promis de nous rencontrer ; nous attendons toujours. Mais nous aimerions vraiment que cette rencontre puisse déboucher sur des discussions, pour que ce Code du travail, le Code de sécurité social, qui sont en relecture au niveau de l'Assemblée, soient ramenés au gouvernement pour que nous puissions en discuter dans le conseil consultatif du travail. Toutes les nouvelles questions qui ont été inscrites par le gouvernement à l'insu des travailleurs et du patronat doivent être revues. S'il y a aussi des désaccords, qu'on puisse savoir les points concernés. Et à ce moment l'Assemblée pourra délibérer valablement sur ces questions. 
L'autre attente, c'est qu'il fasse bouger les lignes et que ce gouvernement-là arrête les licenciements des travailleurs. Nous ne sommes pas pour la précarisation des emplois. Nous sommes pour un travail décent. Nous ne sommes pas pour un gouvernement qui passe son temps à mettre les gens en position de Cdd pour les licencier après. C'est cela le grand problème depuis l'avènement de ce régime. Nous nous inscrivons totalement contre toute forme de précarisation ou de licenciement de pères ou de mères de familles, le nouveau Premier ministre, Monsieur Mouhamed Al Aminou Lô, nous l'attendons sur ces questions. Nous attendons la première rencontre avec le Premier ministre sur ces questions-là. 
 
C'est quoi le problème avec Mamadou Lamine Dianté ? 
 
Je pense que c'est peut-être une question qu'il faut poser à Dianté. C'est quoi son problème avec le monde du travail ? 
Il était président du Haut Conseil du dialogue social (Hcds). Et à cette station, nous avions noté un certain nombre de critiques envers les organisations de travailleurs. Je pense que vous avez suivi quand il s'est attaqué aux syndicats d'enseignants, quand ils ont déclenché leur mouvement de grève. La position du président du Haut Conseil du dialogue social, c'était une tribune qui devrait chercher à rapprocher les parties, à instaurer le dialogue. Pas de prendre position sur des questions. Malheureusement, il a continué à s'attaquer à certaines organisations. Ce qui n'était pas recommandé. 
Nous, les premières rencontres que nous avions eues avec lui, nous lui avons fait comprendre que le Haut Conseil du Dialogue social ne peut pas prendre position. Ou être du côté du gouvernement pour s'attaquer aux travailleurs. 
Ou bien de prendre position du côté du gouvernement, pour s'attaquer aux entreprises. Il peut, le Haut Conseil, appeler les gens à discuter, à rapprocher les parties. Convaincre, les uns et les autres à trouver des compromis par rapport à une revendication. Et c'est ça que nous lui avons dit lors de notre première rencontre avec lui. 
Aujourd'hui, le préavis de grève que nous avons déposé légalement. Quand il a été déposé, il était le premier à nous convier à une rencontre pour voir qu'est-ce qu'il peut faire, en nous écoutant et en écoutant la partie gouvernementale sur la mise en œuvre des points concernés. 
En tant que président du Haut Conseil du dialogue social, il a pris connaissance de notre préavis. Il nous a rencontrés et on lui a fait lecture de l'ensemble de nos attentes de l'ensemble des points concernant le préavis de grève et nous avions également abordé avec lui, la question des deux codes : le Code de sécurité sociale et le Code du travail. Et tout ce que nous reprochions au gouvernement sur le travail en cachette et l'introduction de certaines modifications dans ces textes, en dehors de la consultation nationale tripartite, c'est-à-dire le conseil consultatif du travail, ces questions ont été portées à sa connaissance. 
Aujourd’hui il est nommé ministre du Travail. Quand l'Assemblée nationale a convoqué pour délibérer sur ces deux codes là, quelle que soit l'urgence, lui en tant que nouveau ministre, ce qui était attendu, c’est de dire : "écoutez, je viens d'être installé, permettez-moi au moins de consulter et le patronat et les syndicats de travailleurs avant que ces codes-là puissent être examinés en commission technique et en plénière".  Malheureusement, il ne l'a pas fait. Il est allé défendre les codes en commission technique. Et pour lui, les codes étaient déjà adoptés en commission, il ne sait pas que nous, partie syndicale, nous avions déjà fait part des alertes au niveau des députés pour leur montrer notre désaccord par rapport à la manière dont ces codes ont été transmis. Et dont ces codes ont été modifiés. (...) s'il continue, il sera disqualifié pour être l'interlocuteur des centrales syndicales.
 
 
 
 
 
 
LES ECHOS


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