Longtemps refusé, le soutien officiel de Dakar à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies est désormais une réalité. À l’issue d’une audience accordée à son prédécesseur, le Président Bassirou Diomaye Faye a décidé de mobiliser l’ensemble de la diplomatie sénégalaise en faveur de cette candidature. Un tournant majeur qui intervient après plusieurs semaines de mouvements diplomatiques et dans un contexte de profonde recomposition politique au sommet de l’État.
Le Sénégal a officiellement décidé de soutenir la candidature de son ancien président, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (Onu). L’annonce a été faite ce lundi 20 juillet par le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, mettant ainsi fin à plusieurs mois d’incertitudes sur la position de Dakar.
Selon le communiqué, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a reçu Macky Sall au palais de la République, à la demande de ce dernier, afin d’évoquer sa candidature. « Cette rencontre, qui s’est déroulée dans un climat empreint de cordialité et de courtoisie républicaine, témoigne de l’attachement du chef de l’État au dialogue, à la continuité de l’État et au rassemblement autour des intérêts supérieurs de la Nation », indique le document.
À l’issue de cette audience, le chef de l’État a tranché en faveur d’un engagement total du Sénégal. « Le président de la République a décidé que le Sénégal va apporter son plein soutien à la candidature de Son Excellence Monsieur Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies », précise le communiqué.
Pour donner une portée concrète à cette décision, Bassirou Diomaye Faye a demandé à l’ensemble de l’appareil diplomatique sénégalais de se mettre au service de cette campagne. « Le chef de l’État a, en conséquence, instruit le Gouvernement et l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pleinement pour promouvoir cette candidature auprès des États membres des Nations-Unies », poursuit le texte.
Le président de la République a également lancé un appel à l’unité nationale autour de cette ambition diplomatique. Il invite « toutes les forces vives de la Nation à soutenir cette candidature qui est désormais celle du Sénégal au service de l’Afrique et d’un multilatéralisme plus performant ».
Cette décision marque un revirement majeur de la position de Dakar. Depuis l’entrée en lice de Macky Sall dans la course à la succession d’António Guterres, le Sénégal s’était jusqu’ici abstenu de lui apporter un soutien officiel, une réserve qui constituait l’un des principaux handicaps de sa campagne sur la scène internationale.
Ce changement intervient dans un contexte diplomatique particulièrement favorable à l’ancien chef de l’État. Ces dernières semaines, Donald Trump avait partagé sur son compte officiel Truth Social un article du média américain Breitbart consacré à Macky Sall et à son projet de réforme des Nations-Unies. Sans constituer un appui officiel de Washington, ce geste avait été largement interprété comme un signal positif, compte tenu du poids des États-Unis dans le processus de désignation du futur secrétaire général.
Parallèlement, plusieurs initiatives diplomatiques avaient été engagées en Afrique de l’Ouest. Umaro Sissoco Embaló avait notamment multiplié les consultations avec plusieurs chefs d’État de la sous-région, dont Bassirou Diomaye Faye et le Président gambien Adama Barrow, dans un contexte où la candidature de Macky Sall faisait l’objet d’intenses discussions diplomatiques.
Au-delà de la dimension internationale, cette décision est également lourde de signification sur le plan politique intérieur. Selon plusieurs sources proches des cercles du pouvoir, le refus initial de Dakar de soutenir Macky Sall résultait en grande partie des réticences d’Ousmane Sonko, alors Premier ministre et chef de Pastef. Les mêmes sources estiment que la recomposition des rapports de force au sommet de l’État a permis au Président Bassirou Diomaye Faye de disposer d’une plus grande latitude pour conduire la diplomatie sénégalaise sur ce dossier.
En apportant désormais son plein soutien à son prédécesseur, le chef de l’État ouvre une nouvelle séquence diplomatique qui pourrait également avoir des répercussions sur les équilibres politiques nationaux. Au-delà de la candidature de Macky Sall à la tête de l’Onu, cette décision nourrit déjà les spéculations sur les futures recompositions politiques au Sénégal, dans un paysage profondément remodelé depuis la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
Sidy Djimby NDAO













