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DETHIE FAYE, PRESIDENT CRD FONK SA KADDU «La posture du Président dans le contexte actuel du Sénégal est la preuve que Diomaye n'a jamais été Sonko et Sonko n'a jamais été Diomaye»




 
Acteur de la scène politique sénégalaise, Déthié Faye, qui a été de tous les combats démocratiques, pour des élections apaisées, transparentes et sans anicroche, a pris la parole au lendemain de la visite de Macky Sall, dans le cadre de sa campagne pour le poste de secrétaire général des Nations-Unies, mais aussi au lendemain du succès diplomatique de Diomaye Faye et du général Birame Diop. Déthié Faye dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, dans cet entretien au téléphone avec «Les Échos». 
 
 
Les Echos : Macky Sall a été reçu au palais. À ce stade, comment appréciez-vous la position des nouvelles autorités. Le président de la République principalement ? 
 
Déthié Faye : Il faut se féliciter des initiatives prises pour inclure le Sénégal dans le calendrier de la campagne du président Macky Sall pour le poste de secrétaire général des Nations-Unies. La réponse favorable des nouvelles autorités pour une rencontre entre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le candidat Macky Sall est venue confirmer que le Sénégal continue de donner l’exemple d’une démocratie toujours victorieuse des attaques venant des adeptes de la pensée unique et du Parti-État. Qui pouvait penser, entre 2021 et 2024, qu’Il nous serait donné l'occasion de voir en 2026, le président Macky et son successeur, prendre de la hauteur, faire preuve de patriotisme et d’humilité pour donner au monde entier la preuve que le Sénégal est et restera une référence en matière de stabilité et de cohésion nationale ? Je considère que les nouvelles autorités, de par leur posture, ont honoré le Sénégal. Un homme d'Etat, c'est dans l'action et la tenue qu'il fait la différence.
 
Le Sénégal soutient la candidature de Macky Sall. Vous attendiez-vous à cette position de Diomaye ? 
 
A travers cette décision, le Président Faye montre qu'il est conscient de l'obligation qu'il a de soutenir et de protéger tous ses concitoyens. La posture du Président dans le contexte actuel du Sénégal est la preuve que Diomaye n'a jamais été Sonko et Sonko n'a jamais été Diomaye. Il était simplement arrivé un moment, dans leur compagnonnage, que les circonstances aient imposé de donner une telle image à l'opinion. Le temps a eu raison de la manipulation. 
 
Certains disent que c'est Sonko qui était le problème. Vous partagez cette idée ? 
 
Je reste convaincu que si Sonko était toujours Premier ministre, cette audience n'aurait pas eu lieu sous le prétexte de vouloir défendre la mémoire de ceux morts suite aux manifestations de 2021 à 2024.
Le climat de suspicion, d'accusations gratuites n'aurait pas permis d'avoir la sérénité requise pour une rencontre.
 
Justement comment appréciez-vous la situation à l'Assemblée, avec Ousmane Sonko comme président ? 
 
La décision de Pastef de faire reprendre à Ousmane Sonko son mandat de député après son limogeage de son poste de Premier ministre est une violation flagrante de la Constitution, du Code électoral et du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Devant cette posture antirépublicaine, porteuse de menaces sérieuses sur le bon fonctionnement des institutions, j'ai condamné avec fermeté cette nouvelle agression de Pastef contre nos institutions
Il revient à toutes les forces vives et à tous les citoyens attachés aux valeurs républicaines de se mobiliser pour défendre la République. 
Dans cette même dynamique j'invite solennellement le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à user de tous les pouvoirs que lui confère la Constitution pour faire échec à ces tentatives de confisquer le pouvoir conféré par le peuple souverain. L'arrogance, les certitudes céderont la place à la retenue, au doute, à la peur et à la sérénité. L’interview accordée à des médias occidentaux en est une parfaite illustration d'un virage amorcé dans la communication de Pastef. Il nous apprend qu'il vient de se rendre compte qu'il n'était que simple Premier ministre avec des pouvoirs extrêmement limités. Cela témoigne qu'il n'avait pas une claire connaissance de sa mission, ses attributions et ses obligations, en somme il a fait tourner un gouvernement en rond pendant plus de deux ans.
 
Comment appréciez-vous l'idée de coupler ces élections ? Et, est-ce que d'abord vous êtes d'accord avec ceux qui agitent cette idée ? 
 
 
 
Il faut aussi rappeler que les élections locales ne se sont jamais tenues à dates échues. La complexité du contexte politique m'amène à accepter qu'il y ait des concertations qui pourraient aboutir au report des élections territoriales. Je rappelle que l'alinéa 3 de l'article L269 stipule : "toutefois, si les circonstances l'exigent, il peut être fait exception aux dispositions de l'alinéa premier du présent article. Dans tous les cas, les élections ont lieu dans la cinquième année du mandat"
 
Il est de plus en plus question de jonction des forces contre PastefVous êtes d'accord avec un tel schéma ? 
 
 
En politique, il ne faut jamais dire jamais. La jonction, bien que difficile n'est pas à exclure, surtout si elle est faite dans l'intérêt exclusif du peuple sénégalais.
 
Ousmane Diagne président du Conseil constitutionnel, que vous inspire comme commentaire cette nomination ?
 
La nomination de Ousmane Diagne comme président du Conseil constitutionnel inspire confiance, parce beaucoup de Sénégalais pensent que son éviction du gouvernement est due à son refus que l'exécutif exerce une quelconque pression sur la justice. Je suis convaincu qu'il continuera avec les mêmes fortes convictions au Conseil constitutionnel pour le renforcement de l'État de droit.
 
Diomaye qui avait promis d’être au-dessus de la mêlée, va finalement créer son parti politique….
 
Depuis plusieurs années, nous avons combattu le cumul des fonctions de président de la République et chef de parti. Lors des audiences accordées aux acteurs politiques pendant la Covid-19, j'ai eu l'opportunité d'aborder avec le Président Macky les questions qui faisaient l'objet de désaccords dans le dialogue politique. Sa position a été la suivante : sur l'article 80 et suivants du Code pénal considérés comme des fourre-tout, la circulaire Ousmane Ngom, la Commission peut trouver des consensus mais pour le cumul, ceux qui le prônent n'ont pas conscience du danger. La posture de Pastef est venue donner raison au Président Macky Sall. C'est la raison pour laquelle, je considère que le président de la République doit avoir un parti qui l'accompagne dans son œuvre de construction nationale.
 
 
Propos recueillis par Madou MBODJ
 
 
Encoches
 
  • «La complexité du contexte politique m'amène à accepter qu'il y ait des concertations pour le report des élections territoriales»
  • «Ce que Macky Sall m’avait dit et qui lui donne raison…»
  • «Je considère que le président de la République doit avoir un parti qui l'accompagne…»
LES ECHOS


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