À la suite d'une sortie médiatique concernant la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et qui lui a valu une garde-à-vue à la Sûreté urbaine, les avocats de Cheikh Oumar Diagne se sont fendus d'un communiqué pour réagir. Ainsi, dans le document qu'ils ont rendu public hier, vendredi, 6 mars 20226, ces robes noires ont fait savoir, depuis Paris, que les propos de leur client s’inscrivent exclusivement dans le cadre d’un débat d’intérêt public majeur portant sur les circonstances du décès d’un étudiant lors d’une intervention des forces de sécurité sur un campus. Au cours de cette émission, disent-ils, Cheikh Oumar Diagne a notamment rappelé un élément politique déjà publiquement assumé par les autorités. Les avocats ont même précisé que le Premier ministre, M. Ousmane Sonko, a en effet déclaré devant l’Assemblée nationale assumer l’ordre d’intervention des forces de sécurité sur le campus. Ils soutiennent que dans ce contexte, Cheikh Oumar Diagne a exprimé une opinion politique et citoyenne, estimant que la responsabilité politique d’une opération de maintien de l’ordre doit être examinée à tous les niveaux de la chaîne de décision dès lors qu’une intervention ordonnée par l’autorité publique s’est soldée par la mort d’un étudiant. D'après eux, leur client a également évoqué une interrogation largement partagée dans l’opinion publique concernant la légitimité et la proportionnalité de l’intervention des forces de sécurité face à des étudiants qui protestaient contre leurs conditions de vie, notamment le manque de bourses et de ressources. Pour Me Hosni Maati, ces propos relèvent clairement du débat démocratique sur l’action de l’État et sur la gestion des opérations de maintien de l’ordre. Ils ne sauraient être assimilés ni à de la diffamation ni à une incitation à la violence, mais constituent l’exercice légitime de la liberté d’expression sur une question d’intérêt national, selon lui toujours. La mort d’Abdoulaye Ba, souligne la défense, constitue un drame humain qui appelle vérité, transparence et responsabilité. Les conseils estiment que dans un État de droit, la recherche de ces responsabilités ne peut être dissociée de la liberté de commenter l’action des autorités publiques, en particulier lorsque celle-ci concerne l’usage de la force par l’État. Toute tentative de poursuite visant à sanctionner l’expression d’une opinion politique sur un événement aussi grave ne ferait, selon l’avocat, qu’alimenter les inquiétudes légitimes de l’opinion quant à la liberté du débat public. Par conséquent, la défense de Cheikh Oumar Diagne indique enfin rester pleinement confiante dans le fait que le droit et les principes fondamentaux de liberté d’expression prévaudront.
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