Le décès brutal de notre compatriote Mouhamed Guèye à Ajaccio ne restera pas sans suite judiciaire. Déterminée à obtenir la lumière sur les circonstances de ce drame, sa famille vient de franchir une étape décisive en déposant une plainte pour homicide volontaire aggravé. Entre douleur et soif de justice, les proches du jeune étudiant rejettent la thèse de la légitime défense et réclament que toute la vérité soit dite sur ce qui s'est réellement passé ce samedi de décembre sur le cours Napoléon.
Le drame s'est produit le 20 décembre dernier en plein cœur de la ville d'Ajaccio. Mouhamed Guèye, âgé de seulement 26 ans, a succombé après avoir reçu plusieurs projectiles tirés par des agents de la police nationale. Arrivé en France avec un visa étudiant, notre jeune compatriote était décrit par tous ses proches comme un travailleur exemplaire, cumulant ses études avec un poste de commis de cuisine pour subvenir à ses besoins et aider les siens.
La version officielle avancée par les autorités françaises évoque un homme qui aurait brandi deux couteaux de cuisine en direction des forces de l'ordre. Les policiers affirment avoir utilisé leurs armes en dernier recours après des sommations infatigables. Cependant, pour la famille de Mouhamed et leurs conseils juridiques, cette version comporte trop de zones d'ombre. La plainte déposée vise à forcer l'ouverture d'une instruction approfondie afin d'analyser les images de vidéosurveillance et les résultats de l'autopsie, des éléments clés pour juger de la proportionnalité de la riposte policière.
Dans la famille, l'attente est immense. Le père de la victime, soutenu par la communauté sénégalaise de Corse, martèle que son fils n'était ni un délinquant ni une menace. En portant plainte, la famille demande à l'État sénégalais de suivre ce dossier de très près pour s'assurer que le sang de leur fils ne soit pas versé dans l'oubli.
Samba THIAM













