Le Nouveau Front Force Alternative a exprimé, le 5 janvier 2026, de vives inquiétudes concernant la gestion des revenus pétroliers issus du projet Sangomar. Le mouvement a tenu un rassemblement devant l’ambassade des États-Unis au Sénégal pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« opacité persistante » dans la traçabilité des recettes de l’exercice 2024.
Par la voix de son porte-parole, Djiby Ndiaye, le Front, soutenu par la Coalition citoyenne Jógjotna, engagée dans la promotion de la transparence dans les ressources naturelles, accuse les autorités sénégalaises et les structures de gestion du secteur pétrolier de ne pas avoir assuré une information claire et vérifiable sur la part de production revenant à l’État. Selon Djiby Ndiaye, aucune donnée détaillée n’a été rendue publique concernant les volumes commercialisés ni les revenus réellement perçus par le Sénégal en 2024. « Il existe une rupture manifeste de la traçabilité des revenus pétroliers. Le peuple sénégalais ne dispose d’aucune visibilité sur les bénéfices tirés du projet Sangomar pour cette période », a-t-il déclaré.
Ces accusations sont étayées par une lettre de signalement adressée à plusieurs institutions internationales, notamment l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale. Le document souligne une contradiction entre l’absence de données publiques pour 2024 et des informations budgétaires publiées en 2025 faisant état d’un montant de 35,4 milliards de francs Cfa perçu par l’État au titre de la commercialisation de ses parts.
Face à cette situation, la Coalition Jógjotna formule trois principales revendications : « la publication immédiate des relevés de ventes de pétrole pour l’année 2024, incluant la part de l’État, une explication officielle sur l’absence de recettes clairement identifiées et la réalisation d’un audit indépendant des mécanismes de compensation entre l’opérateur Woodside et la société nationale Petrosen ». Le Nouveau Front Force Alternative affirme fonder sa démarche sur les dispositions de la Constitution sénégalaise relatives à la souveraineté du peuple sur ses ressources naturelles, au droit à l’information et aux principes de bonne gouvernance. Le mouvement appelle ainsi les autorités à respecter les engagements constitutionnels et internationaux du Sénégal en matière de transparence dans la gestion des ressources pétrolières.
BMS











