Ibrahima Ndiaye alias madré, 26 ans et sa bande ont été jugés hier, mercredi 23 septembre 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar pour association de malfaiteurs, actes contre-nature, séquestration délictuelle et tentative d'extorsion de fonds. À l'audience, le procureur a requis contre lui et le Belge de 68 ans, Jean Jacques Mahi, en fuite à la suite d'une liberté provisoire, 2 ans de prison ferme pour actes contre-nature. Contre les autres membres de la bande, le représentant du parquet a requis l'application de la loi pénale.
Le tribunal correctionnel de Dakar a enfin examiné l'affaire du réseau qui piégeait les homosexuels européens sur les réseaux sociaux pour les arnaquer. Le procès s'est tenu hier, mercredi 23 septembre 2026, en l'absence du Belge Jean Jacques Mahi, qui s'est enfui après avoir bénéficié d'une liberté provisoire. Ce dernier a une double casquette dans cette affaire, car il est non seulement prévenu mais aussi partie civile. Il a été arrêté au même titre que le cerveau présumé de la bande, Ibrahima Ndiaye alias madré, Ndiémé Seck, Fatoumata Bintou Keïta et Abdoulaye Ba. À l'audience, le procureur a requis une peine d'emprisonnement ferme de 2 ans pour Jean Jacques Mahi et son acolyte présumé Ibrahima Ndiaye pour les faits d'actes contre-nature et pour les autres, il a requis l'application de la loi pénale.
À la suite des avocats de la défense notamment Me Ibrahima Diagne qui a plaidé la relaxe des prévenus, le tribunal a fixé la date du délibéré au 14 octobre 2026.
Si Ibrahima Ndiaye, dit madré, a été inculpé pour association de malfaiteurs, actes contre-nature, séquestration délictuelle et tentative d'extorsion de fonds, le Belge Jean Jacques Mahi qui est tombé dans leurs filets est seulement incriminé pour actes contre-nature. Les autres membres de la bande, eux, Ndiémé Seck, Fatoumata Bintou Keïta et Abdoulaye Ba sont poursuivis pour complicité de ces chefs d'inculpation sauf pour les faits d'actes contre-nature.
Comment ‘’madré’’ a piégé le Belge
Il est ressorti de la procédure que ce réseau "criminel" a été démantelé à la suite d'une romance virtuelle. Cette idylle, selon l'enquête, cachait en réalité une autre affaire dont la tête de file n'est autre qu'Ibrahima Ndiaye. Ce dernier, de connivence avec les autres, agissait en ciblant des homosexuels européens. Les victimes, après avoir été séduites via des sites de rencontres, sont par la suite séquestrés puis extorqués pour de fortes sommes. Et pour le cas du Belge Jean Jacques Mahi, tout a commencé sur le site "Gay Roméo" où il croyait trouver l’amour avec "madré", 26 ans. Convaincu par madré après de nombreuses échanges prolongés sur WhatsApp, le Belge débarque à Dakar le 28 mars avant d'être accueilli chaleureusement par Ibrahima Ndiaye qui cachait ses intentions malveillantes. Sur ce, le couple passe une première nuit ensemble, puis se rend à Saly en compagnie des complices de "madré" en l'occurrence Ndiémé Seck, Fatoumata Bintou Keita et Abdoulaye Ba.
Le Belge ranconné, mais sauvé par…
Hélas, cette virée en amoureux a pris une autre tournure, car le 3 avril, madré a convaincu son partenaire Mahi de retourner à Dakar. Ce que le Belge a fait en se rendant sur l'île de Ngor où l’idylle vire au cauchemar. Là, Jean Jacques a été enfermé, dépouillé de ses effets personnels, et contraint sous la menace de demander 7000 euros à son frère en Belgique. Ce dernier, inquiet, lui transfère 5000 euros via Western Union. Malheureusement, madré et les autres ont fini par être alpagués par la Section de recherches qui a été informée par l'entourage de Jacques. Ce, après avoir localisé la bande grâce au numéro utilisé pour le retrait d’argent. Le Belge finit par être libéré de ses maître-chanteurs le 4 avril.
Chantage sexuel
D'autre part, les investigations ont révélé des choses sombres, car les gendarmes ont découvert que ce groupe avait mis en place un véritable système de chantage sexuel qui consistait à attirer des victimes européennes via des promesses amoureuses, les piéger à Dakar, puis leur extorquer de l’argent en exploitant leur vulnérabilité. Pour ce qui est des faits d'actes contre-nature, des examens médicaux effectués ont révélé des lésions anales sur Jean Jacques Mahi et son partenaire Ibrahima Ndiaye alias 'madré". Et lorsqu'ils ont été interrogés, ils ont refusé de s'expliquer sur ça. Par contre, Jean Jacques Mahi soutenait avoir subi des fellations qui lui ont été imposées par Ibrahima Ndiaye. Au terme des investigations, ils ont été tous placés sous mandat de dépôt y compris le Belge Jean Jacques Mahi qui est prévenu pour l'infraction d'actes contre-nature. Il s'est aussi constitué partie civile.
Fatou D. DIONE












