Le Train Express Régional dessert désormais l’Aéroport international Blaise Diagne. Mise en service ce lundi 28 septembre 2026, la deuxième phase du TER prolonge la ligne de 19 kilomètres depuis Diamniadio et permet de relier Dakar à l’Aibd en environ 55 minutes. Une avancée majeure pour la connexion ferroviaire avec la principale plateforme aéroportuaire du pays, mais qui laisse subsister plusieurs difficultés liées aux tarifs, aux horaires, aux correspondances et à la desserte des populations riveraines.
Le TER franchit une nouvelle étape dans le développement du réseau ferroviaire national. Après la mise en service de la première phase entre Dakar et Diamniadio, le train poursuit son parcours jusqu’à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass. La deuxième phase, longue de 19 kilomètres à partir de Diamniadio, permet ainsi de connecter directement la capitale à l’un des principaux pôles économiques et aéroportuaires du pays. Le trajet entre Dakar et l’Aibd est annoncé à environ 55 minutes, offrant une nouvelle alternative au transport routier et venant compléter l’offre de l’autoroute à péage.
L’Apix met en avant les retombées territoriales
La réalisation du projet s’est accompagnée d’actions sociales dans les zones traversées. Les interventions ont concerné la santé, l’éducation, l’accès à l’eau, l’agriculture, la lutte contre les inondations, les équipements collectifs et l’accompagnement des personnes affectées par le projet. Des milliers d’élèves ont bénéficié d’actions dans les domaines de la santé et des fournitures scolaires. Des personnes vulnérables ont reçu à leur tour des équipements adaptés, tandis que plusieurs collectivités et communautés ont bénéficié d’appuis dans différents secteurs. Cette dimension sociale accompagne la réalisation de l’infrastructure ferroviaire et inscrit le projet dans une logique de développement territorial.
Avec l’arrivée du TER à l’AIBD, le Sénégal dispose désormais d’une liaison ferroviaire directe entre Dakar et son principal aéroport international. Le gain en temps et la possibilité de contourner une partie des contraintes du transport routier constituent les principaux apports de cette nouvelle desserte.
Mais plusieurs conditions restent nécessaires pour que cette infrastructure réponde pleinement aux besoins du territoire avec l’achèvement des ouvrages de Sébikotane, adaptation des horaires aux mouvements des vols, meilleure prise en charge du dernier kilomètre et réflexion sur la tarification pour les usagers réguliers.
Une mise en service avant l’achèvement complet des ouvrages
La mise en exploitation de cette nouvelle section intervient alors que certains travaux de la deuxième phase ne sont pas encore achevés. À Sébikotane, la gare et la passerelle doivent encore être livrées. La mise en service commerciale de la ligne ne marque pas la fin de l’ensemble du chantier. La poursuite des travaux doit permettre d’achever les infrastructures prévues et de parvenir à la livraison complète de cette deuxième phase. Cette situation constitue l’un des principaux points restant à régler autour de l’extension du TER, alors que la liaison avec l’Aibd entre désormais dans sa phase d’exploitation.
Des billets compris entre 4000 et 7500 F Cfa
L’autre question majeure concerne la tarification. Pour le trajet direct entre Dakar et l’Aibd, le billet est fixé à 4000 F Cfa en deuxième classe et à 7500 F Cfa en première classe. Ces tarifs constituent un élément déterminant de l’utilisation du nouveau service pour les populations qui ne prennent pas le train de manière occasionnelle, mais qui doivent l’emprunter quotidiennement pour travailler ou se déplacer.
La plateforme aéroportuaire ne concentre en effet pas uniquement les voyageurs. Elle accueille également de nombreuses entreprises et plusieurs milliers de travailleurs. Pour ces derniers, le coût du transport ferroviaire doit être apprécié sur une base quotidienne et non uniquement à l’occasion d’un déplacement ponctuel vers ou depuis l’aéroport.
Le problème du dernier kilomètre
Pour les habitants de Keur Moussa, Diass, Sindia ou Nguékhokh, l’accès à la gare de l’Aibd peut nécessiter l’utilisation d’un autre moyen de transport. Ces correspondances imposent un coût supplémentaire qui peut atteindre environ 2000 F Cfa selon les trajets. Le problème du dernier kilomètre demeure important pour les habitants des communes environnantes qui ne disposent pas d'une liaison directe entre leur domicile et la gare.
Fatou DIOP













