L'ancien Directeur général de la Maison de la presse et président du parti Fort (Force ouverte pour la République et le travail), Bara Ndiaye juge « indécent et incohérent » que l’Etat continue de payer des salaires pouvant aller jusqu’à six millions à une minorité de dirigeants publics dans un contexte économique et social très difficiles. Cette rémunération, dit-il, doit être revue à la baisse.
« Le peuple sénégalais traverse une conjoncture économique étouffante : prix en hausse, chômage persistant, familles fragilisées. Dans ce contexte de souffrances quotidiennes, il est indécent et incohérent que l’État continue de réserver des traitements princiers à une minorité de dirigeants publics ». Tel est le constat dressé par le journaliste et président de parti politique, Bara Ndiaye, loin de cautionner les salaires exorbitants de nos dirigeants. « Payer un salaire pouvant aller jusqu'à six millions de francs Cfa, sans compter les innombrables avantages, gérer de manière opaque des milliards de fonds politiques, ou encore maintenir des privilèges exorbitants pour les présidents d’institutions, pendant que l’on demande aux populations d’être « résilientes », n’est pas seulement une incohérence politique : c’est un manque de décence et d’humanisme », charge l’ancien Directeur de la Maison de la Presse, avant d’ajouter : « Pire encore, la suspension pendant deux ans du Programme national de bourses de sécurité familiale, destiné aux familles les plus pauvres, illustre cette contradiction insoutenable : on prive les plus vulnérables d’un soutien vital, tout en continuant à vivre dans l’opulence et à entretenir des privilèges injustifiés. Cette décision est un affront à la solidarité nationale et une preuve supplémentaire du décalage entre une classe dirigeante et les réalités du peuple », fulmine le responsable politique.
Une violence sociale qui peut devenir un facteur de révolte populaire
Poursuivant, il n’a pas manqué d’interpeller le président de la République, en sa qualité de garant de la cohésion sociale. «Si nous voulons bâtir un modèle social solidaire, il faut rompre avec cette violence sociale entretenue par une classe dirigeante déconnectée des réalités. Cette injustice, si elle perdure, pourrait devenir un grave facteur de révolte populaire », explique le patron du parti Fort qui estime qu’il est urgent de réajuster la réglementation relative à la rémunération des dirigeants publics afin de réparer les inégalités sociales nourries par ces pratiques. Mieux, il révèle que cette nouvelle doctrine d’optimisation des ressources publiques doit inclure toutes les mesures nécessaires pour réduire le train de vie de l’État. « Les dirigeants doivent, par devoir et par patriotisme, porter cette pédagogie par l’exemple. Car la cohérence et la décence dans la gestion publique ne sont pas des choix : ce sont des obligations envers un peuple qui souffre et espère », tranche Bara Ndiaye.
M.C












