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Me AMADOU DIALLO, PRESIDENT AMNESTY INTERNATIONAL SENEGAL: «Nous dénonçons le traitement réservé à l’affaire Saër Kébé, mais également au dossier de Fallou Sène où il n’y a même pas encore d’ordre de poursuite»



Me AMADOU DIALLO, PRESIDENT AMNESTY INTERNATIONAL SENEGAL: «Nous dénonçons le traitement réservé à l’affaire Saër Kébé, mais également au dossier de Fallou Sène où il n’y a même pas encore d’ordre de poursuite»
 
 
Si le régime est réellement déterminé à combattre la violation des droits humains, les affaires Fallou Sène, Saër Kébé, entre autres, constituent des baromètres, selon Me Amadou Diallo, pour apprécier cette volonté. Pour le moment, le nouveau président d’Amnesty international Sénégal dénonce le traitement réservé à l’affaire Saër Kébé, mais également au dossier Fallou Sène où il n’y a même pas encore d’ordre de poursuite. Entretien.
 
Les Échos : L’affaire Saër Kébé a été vidée et il a été condamné à trois mois assortis du sursis après 4 ans passés en détention préventive, quelle appréciation faites-vous de cette situation ?
 
 
Me Amadou Diallo :j’estime que cette affaire, comme celle de l’imam Ndao est révélatrice du fait que, s’agissant de faits portant sur le terrorisme, l’enquête est faite dans la précipitation et les droits de la personne ne sont pas respectés. Il y a des violations flagrantes de la présomption d’innocence. Sur l’essentiel de faits portant sur le terrorisme, très peu se terminent par une condamnation. La loi prise pour combattre ce fléau, l’impératif de sécurité qui doit guider l’Etat dans ce projet, ne doivent pas conduire à la violation des droits humains. La violation des conditions de détention, la durée de la garde-à-vue anormalement longue et les conditions extrêmement difficiles, parce que les personnes ne sont pas logées à la même enseigne que les autres, tout cela constitue une violation des droits humains. A Amnesty international, nous estimons que l’Etat doit prendre des dispositions nécessaires pour revenir aux standards internationaux, pour que les droits des personnes soient respectés malgré la gravité des faits pour lesquels elles sont poursuivies. Le cas de Saër Kébé pose un autre problème. Car, outre la présomption d’innocence qui a été violée, il y a la possibilité offerte au détenu d’une réinsertion sociale. Étant élève, on devait lui permettre de poursuivre ses études et de faire ses examens, même étant en prison. Il a perdu 4 ans de sa vie. Il y a donc un problème avec les conditions de détention.
 
 
 
Par rapport à l’affaire Fallou Sène, on constate que jusqu’à présent, ça ne bouge pas ; qu’est ce qui bloque à votre avis ?
 
Rien ne justifie ce blocage. Un an qu’il a perdu la vie, l’enquête est bouclée et le dossier a été transmis au procureur de Saint-Louis, qui, en raison de la qualité des personnes poursuivies, a été obligé de transférer le dossier au procureur de Dakar, seul compétent pour poursuivre. Mais, depuis lors, rien n’a bougé et aucune explication n’a été donnée, ni à la famille, ni à la Coordination des étudiants de Saint-Louis qui entend se constituer partie civile. D’ailleurs, Amnesty international m’a désigné pour assurer la défense de leurs intérêts. Cette situation est inacceptable. Elle donne l’impression qu’il y a une justice à double vitesse au Sénégal. S’agissant de la qualité des personnes poursuivies, c’est le ministre des Forces armées qui doit donner l’ordre de poursuite, mais, jusque-là, cela n’a pas été fait. Et ce n’est pas le seul cas ; il y a les affaires Modou Diop et Saliou Sarr ; les enquêtes ont été bouclées et transmises aux parquets respectifs, mais toujours rien. 
 
 
Les étudiants ont manifesté pour dénoncer le non-respect par l’Etat des engagements, que pouvez-vous dire par rapport à cela ?
 
La réaction des étudiants est normale et très compréhensible. On se réjouit qu’il n’y ait pas mort d’homme. Mais cela doit pousser l’Etat à prendre ses responsabilités. 
 
Que pensez-vous des nouvelles nominations au sein de la justice ?
 
Avec le nouvel attelage gouvernemental, la nomination de Me Malick Sall et celle de secrétaire d’Etat auprès du garde des Sceaux chargé de la Promotion des Droits humains et de la Bonne Gouvernance, on espère que l’Etat va prendre les dispositions pour rendre justice aux victimes des comportement allégués à ces agents de la sécurité, même s’ils sont présumés innocents. Que les gens aient le sentiment qu’au Sénégal, nul n’est au-dessus de la loi.
 
Alassane DRAME
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                      

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