THIERNO BOCOUM SUR LA SORTIE DU PROCUREUR: La confirmation de «l’incapacité de notre appareil judiciaire à se mouvoir en toute indépendance…»



 
Thierno Bocoum ne se fait pas d’illusion par rapport à la sortie du procureur, hier. Pour lui, cela est la preuve nette que la justice est incapable de se libérer de l’emprise de l’exécutif. Aussi, il dénonce cette volonté manifeste de mettre l’accent sur la fuite du rapport de l’Ige, alors que les Sénégalais attendent d’être édifiés sur la gestion de leurs ressources, après les accusations graves de la Bbc. 
 
En sortant du bois, hier, après l’annonce de la saisine de la justice par le chef de l’Etat, matérialisée par une demande du ministre de la Justice, «le procureur de la République n’a fait que confirmer l’incapacité de notre appareil judiciaire à se mouvoir en toute indépendance face à l’emprise d’un pouvoir exécutif hypertrophié». C’est la conviction de Thierno Bocoum, qui voit en cette entrée en action de Serigne Bassirou Guèye, «une parenthèse dans le long et ardu combat pour la transparence et la démocratie dans notre pays». Un combat «pour une gestion transparente de nos ressources naturelles» qui, pour lui, doit être porté par tous et «avec beaucoup de lucidité, d’assiduité et de responsabilité». Cela est d’autant plus important, pour lui, que «ces ressources qui, outre le fait d’être arrivées à point nommé pour accompagner notre processus de développement, attirent des convoitises malveillantes internes et externes». 
Revenant au reportage de la Bbc qui a déclenché tout ce nouveau tollé autour du contrat Petro-Tim, le leader du mouvement politique Agir souligne qu’il doit nous amener à deux interrogations majeures. D’abord, se demande-t-il : les accusations portées sont-elles fausses ? Donnant lui-même, sa réponse, il soutient que «tout laisse à croire que non». Dès lors, il pense qu’il y a «péril» en la demeure Sénégal, et que «le procureur ne peut se contenter de mettre le focus sur une prétendue fuite d’un rapport de l’Ige, là où des milliers de milliards du contribuable sénégalais sont en jeu». Ensuite, Thierno Bocoum se demande : Pourquoi la Bbc s’intéresse subitement à la transparence dans notre pays ? Et pour lui, tout porte à croire que ce n’est pas pour nos beaux yeux. C’est pourquoi il soutient que «la préoccupation de la Bbc» ne doit point être traitée avec plus de diligence que celle du peuple sénégalais qui a «soif de transparence et qui exige la bonne gestion de ses ressources financières et naturelles». Le peuple qu’il appelle à avoir la culture de la sanction des «crimes et fautes graves» de nos dirigeants, en les boutant hors du pouvoir. 
 
Mbaye THIANDOUM
 

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