marches pacifiques, sit-in, actions symboliques fortes, visibles mais non violentes Les souteneurs de Farba dénoncent un dossier ‘’politique et enfantin’’ et annoncent une mobilisation citoyenne d’ampleur




 
 
Ils parlent d’acharnement, de justice instrumentalisée et de dérive autoritaire. Réunis en conférence de presse, des responsables politiques, des militants ont violemment mis en cause la justice et le régime dans l’affaire Farba Ngom. Le ton est monté d’un cran, entre dénonciation d’un «dossier politique» et annonce d’une mobilisation citoyenne d’ampleur nationale et dans la diaspora.
 
La salle était pleine, le discours sans détour et l’atmosphère lourde. Face à la presse, les amis et soutiens de Farba Ngom ont choisi de rompre le silence. Pour eux, l’heure n’est plus à l’attente ni à la prudence, mais à la dénonciation publique et à la mobilisation citoyenne. Alseyni Ndiaye, membre du Comité pour la résistance populaire, s’est indigné de l’ouverture d’une nouvelle procédure visant le député, accompagnée d’une demande de levée de son immunité parlementaire, alors même que la première affaire n’a pas encore connu son dénouement judiciaire.
Pour Alseyni Ndiaye et ses camarades, la manière dont cette nouvelle poursuite a été annoncée constitue une ligne rouge franchie. Dans cette perspective, la quinzième législature est, selon eux, «placée face à un test historique». Le 16 février, date annoncée pour l’examen de la levée de l’immunité parlementaire, «l’Assemblée nationale devra démontrer qu’elle est indépendante et fidèle à la Constitution, et non un simple prolongement de l’exécutif», tonne Mame Marième Thiam Babou.
 
 
 
Une mobilisation annoncée sur tout le territoire et dans la diaspora
 
Face à cette ‘’injustice manifeste’’, les soutiens de Farba Ngom annoncent l’entrée dans une nouvelle phase de lutte. Alseyni Ndiaye a ainsi déclaré qu’ «une mobilisation citoyenne pacifique est en préparation, aussi bien à l’intérieur du pays que dans la diaspora. Au programme figurent des marches pacifiques à l’échelle nationale, des sit-in devant des lieux symboliques de la République et des actions symboliques fortes, visibles mais non violentes». Les organisateurs insistent sur le fait qu’ils ne demandent aucun privilège, mais revendiquent un droit fondamental, celui à une justice impartiale et équitable.
 
 
 
« Un dossier purement politique », selon Mamadou Mory Diaw
 
Le député-maire de Matam, Mamadou Mory Diaw, a enfoncé le clou en qualifiant le dossier Farba Ngom de «purement politique». À ses yeux, «l’affaire illustre une instrumentalisation flagrante de la justice à des fins politiques». Dans un ton alarmiste, il a appelé le président de la République à prendre personnellement ce dossier en main, parlant d’une affaire «enfantine» qui, dit-il, «ne devrait pas conduire à la détention prolongée d’un député».
 
 
 
L’Apr dénonce un acharnement et une justice « politisée »
 
La porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr), Mame Marième Thiam Babou, a livré une charge encore plus virulente contre le régime en place. Selon elle, «une machine judiciaire aurait été délibérément mise en branle pour neutraliser Farba Ngom». Elle voit dans la libération du principal accusé présenté comme central dans le dossier, Tahirou Sarr, la preuve d’un acharnement ciblé contre le député-maire des Agnam. Pour l’Apr, l’objectif serait clair, «affaiblir un adversaire politique jugé influent et populaire». La responsable politique n’a pas hésité à mettre en cause la ministre de la Justice, qu’elle accuse «d’agir avec rancœur et animosité politique». Elle a qualifié la seconde affaire visant Farba Ngom de «dossier enfantin» et a lancé un appel direct aux députés de la majorité, les exhortant «à refuser une forfaiture».
 
 
 
Babacar Gaye : «rien ne vous sera donné sans rapport de force»
 
L’ancien ministre d’Etat Babacar Gaye a adopté un ton plus radical encore. Tout en exprimant sa solidarité avec Farba Ngom, il a critiqué ce qu’il perçoit comme une timidité de l’Apr, estimant que «le parti aurait dû être en première ligne de cette conférence de presse». Selon lui, «les députés ne doivent rien attendre ni du président de la République ni de l’Assemblée nationale. Je vous appelle à prendre vos responsabilités et à vous battre politiquement pour obtenir la libération de Farba Ngom», affirmant que rien ne vous sera donné sans rapport de force».
Pour les souteneurs, l’affaire Farba Ngom dépasse le cas individuel. Elle est révélatrice, selon eux, d’un climat politique marqué par la judiciarisation des rivalités politiques et par une volonté du régime de réduire au silence certaines figures jugées encombrantes. Selon eux donc, «il s’agit d’un combat pour la justice, la démocratie et l’indépendance des institutions».
 
 
Baye Modou SARR
 
 
 
 
 
LES ECHOS

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