La relance du corridor ferroviaire vers l’Est s’inscrit dans la stratégie sénégalaise de reconquête du fret, avec en ligne de mire un désengorgement durable des axes routiers et un renforcement de l’attractivité logistique du port de Dakar. Les autorités misent sur cet investissement structurant pour repositionner le pays dans les échanges sous-régionaux, notamment avec les États enclavés.
Les travaux de réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar - Tambacounda sont désormais achevés à près de 90 %, a révélé le week-end dernier le ministre sénégalais des Transports, Yankhoba Diémé, alors qu’il présentait les grandes orientations du gouvernement pour le transport ferroviaire.
Selon lui, l’achèvement des travaux permettra d’accélérer le transfert modal en réduisant les flux de camions en transit vers Tambacounda, dans l’est du pays, afin de préserver la durabilité des infrastructures routières. Cette ligne constitue en effet un axe stratégique pour l'acheminement des flux depuis et vers le Mali, un pays enclavé dont le port de Dakar est le principal relais logistique international. Elle est restée inopérante plusieurs années, faute d’investissements, obligeant les transporteurs à concentrer l’essentiel de leurs expéditions sur le réseau routier.
À travers sa feuille de route globale pour les chemins de fer, déclinée dans le plan Vision 2050, le gouvernement prévoit de redresser le transport ferroviaire presque effondré en raison du retard infrastructurel. Selon le ministre, le Sénégal disposait à l’indépendance en 1960, de 1034 km de voies ferrées fonctionnelles. Aujourd’hui, il ne reste plus que 114 kilomètres exploités, essentiellement par les Industries chimiques du Sénégal (ICS) et la Grande Côte Opérations (GCO) sur l’axe Dakar - Mboro.
Outre l’extension en cours du TER de Dakar et la réhabilitation de la ligne Dakar - Tambacounda, il est prévu la modernisation de plusieurs autres lignes à écartement métrique, en attendant la mobilisation de financements suffisants pour reconfigurer en écartement standard (SGR) quelques tronçons stratégiques. Il faut cependant indiquer que la mise en œuvre de ce plan global pourrait se heurter à un défi de financement, notamment dans le contexte actuel de surendettement du pays.