justice instrumentalisée, sélective et politisée : Le collectif du peuple prépare une mobilisation maousse et appelle à un extra sit-in le 14 février prochain



 
 
 
En conférence de presse hier, le Collectif du peuple est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive grave de l’État de droit au Sénégal. Criminalisation de la mendicité, détentions jugées politiques, silence des autorités, instrumentalisation de la justice et scandales financiers non élucidés, le ton est frontal, la dénonciation sans détour. Abdou Karim Guèye Xrum Xax, Abou Diallo et Cie appellent à un ‘’extra sit-in’’ le 14 février prochain.
 
 
Face à la presse, Abdoulaye Masseck Mbaye, secrétaire permanent du Collectif du peuple, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, le Sénégal est en train de franchir une ligne rouge. «Nous constatons avec inquiétude que la compassion est assimilée à un délit. Nous ne comprenons toujours pas comment, dans un pays respectueux des droits humains, la mendicité puisse être considérée comme un délit pénal», a-t-il déclaré, dénonçant une approche qu’il juge inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de justice sociale. Selon le Collectif, cette criminalisation traduit une rupture profonde entre l’État et les réalités sociales, dans un contexte marqué par la précarité, la vulnérabilité et l’exclusion.
Le collectif revendique une posture de vigilance républicaine. «C’est un acte de veille citoyenne, une démonstration pacifique de la conscience collective actuelle afin de dire clairement et fermement que le Sénégal ne saurait accepter une justice instrumentalisée», a martelé Abdoulaye Masseck Mbaye. Pour ces acteurs de la société civile, les signaux d’alerte s’accumulent : «décisions judiciaires controversées, poursuites sélectives, et sentiment croissant d’un appareil judiciaire soumis à des considérations politiques».
La plateforme citoyenne réclame avec insistance, entre autres, «le respect strict des principes fondamentaux du droit pénal, le respect absolu de la présomption d’innocence, la protection et l’indépendance des magistrats, demande la démission de la ministre de la Justice, Yassine Fall, jugée politiquement responsable de la situation actuelle», liste-t-il.
 
Affaire Aser, transparence totale ou discrédit durable
 
Autre dossier brûlant abordé, l’affaire Aser, qui alimente depuis plus d’un an les débats publics. Le Collectif dénonce une bataille médiatico-politique opposant le député Thierno Alassane Sall au jeune Directeur général de cette structure parapublique, Jean Michel Sène. Se disant exclusivement préoccupé par la transparence et l’intérêt général, le Collectif exige que les institutions compétentes sortent de leur réserve. «Nous exigeons que la Centif déploie l’ensemble de ses organes de contrôle au sein de la structure concernée. Nous demandons que le parquet judiciaire financier s’autosaisisse. Nous réclamons que toute la lumière soit faite sur ce dossier pour l’intérêt de la transparence», ont-ils martelé.
À travers cette sortie, le Collectif du peuple adresse un avertissement clair aux autorités : «la patience citoyenne a des limites». Pour ses membres, «la criminalisation de la pauvreté, la politisation de la justice et l’opacité dans la gestion des affaires publiques» constituent «une menace directe pour la cohésion nationale et la crédibilité de l’État de droit», prévient le collectif.
Aussi, Abdou Karim Gueye et Cie appellent à un «extra sit-in» le 14 février prochain à Ouagou Niayes.
 
 
 
 
 
BMS
 
 
 
 
 
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