Après des moments d'observation du département ministériel qu'il a hérité de Birame Soulèye Diop, Abdourahmane Diouf, ministre de l'Energie et du Pétrole, a fait face à la presse. Occasion qu'il a saisie pour faire le point par rapport à beaucoup de questions et de dossiers, relevant de son département ministériel.
Dans le cadre d’une initiative de délivrance, le ministre de l'Energie et du Pétrole, Dr Elhadji Abdourahmane Diouf, a fait face aux journalistes. Lors du petit-déjeuner de presse qui a vu la présence de beaucoup de ses collaborateurs, le ministre a abordé sans filtre beaucoup de dossiers. Il en est ainsi de l'affaire des 55 millions de dollars de Kosmos Energy.
Selon Dr Abdourahmane Diouf, le chef de l’État a mis l’Inspection générale d’État (Ige) sur l'affaire. «Sur la question de Kosmos, ce que j’ajouterai simplement, c’est que nous sommes des républicains. Nous avons donné un certain nombre d’éléments de clarification sur ce sujet. Maintenant, le président de la République a saisi l’Inspection générale d’État, qui est en train de faire ses enquêtes», a laissé entendre le ministre. Avant d'inviter les uns et les autres, eu égard à la sensibilité du dossier, de laisser les corps de contrôle faire leur travail. Il affirme que ces derniers viendront bientôt avec des conclusions.
Dr Diouf révèle avoir lui-même été entendu. «Moi-même j’ai été personnellement auditionné par l’Inspection générale d’État. Je leur ai dit ce que je sais. J’ai fourni les documents et je sais qu’ils sont en train d’écouter tous les acteurs».
Par ailleurs, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a apporté des précisions également sur le débat qui a suivi la signature du protocole d’accord avec la compagnie italienne Eni. Dr Abdourahmane Diouf explique que 109 blocs étaient disponibles et mis sur le marché pour trouver des investisseurs preneurs. Puis, lors du «Gaztech» à Bangkok, son département a signé un protocole d’accord avec Eni sur cinq blocs (5). «Nous n’avons pas donné les cinq blocs à Eni. On a signé un protocole d’accord pour qu’elle puisse faire des recherches techniques, scientifiques, pour voir s’il pourrait y avoir un intérêt», informe le ministre. Il a assuré que tout le processus a été mené minutieusement, méthodiquement, avec toute la rigueur requise.
Une précision qui semble démentir Alioune Guèye, l’ancien Directeur général de Petrosen, qui soulignait que Yakaar Teranga ferait partie des blocs «octroyés» à la compagnie italienne. « Eni sait qu’on ne lui a pas donné Yakaar Teranga. Le gouvernement du Sénégal sait qu’il n’a pas donné Yakaar Teranga. Et il y a un arrêté qui matérialise tout ça, qui dit que c’est le SN08 qui est Yakaar Teranga et qui n’est pas attribué», précise Dr Abdourahmane Diouf. Le ministre annonce que, sur Yakaar Teranga, le gouvernement a initié une approche différente et novatrice. Une nouvelle orientation qui «a été communiquée à la communauté internationale, qui commence à faire ses manifestations d’intérêt». Et sur le projet, le gouvernement cherche un partenaire particulièrement outillé.
Complaintes en rapport avec Woyofal
A propos des récriminations sur le Woyofal, le Dr Abdourahmane Diouf a expliqué que lui et ses hommes sont «conscients du fait qu’il y a des incompréhensions». Mais il a assuré qu’ils vont «continuer avec Senelec à faire le travail de pédagogie pour que les gens comprennent davantage».
Pour les coupures d’électricité, le ministre indique : «nous avons eu des problèmes conjoncturels et structurels qui ont été à l’origine de la crise que nous avons vécue pendant 18 jours durant ce mois de septembre», a-t-il dit. Il ajoute aussi des pannes, «comme il en arrive des fois», au niveau des machines.
West African Energy accuse quelques retards
Le ministre assure que tout est en train d’être fait pour que ce soit opérationnel d’ici novembre. «On a mis en place les pipelines avec le réseau gazier. Donc, nous avons un ensemble de chantiers qui vont donner des résultats très structurels, qui permettront, à moyen terme, de régler définitivement le problème de l’électricité», assure le ministre. «Ce que nous demandons aux Sénégalais, c’est de savoir que nous sommes en train de quitter un monde ancien, fait de difficultés, d’imprécisions, pour entrer dans un monde nouveau», dit-il.
Le ministre assure donc qu’il y a un ensemble de chantiers qui vont donner des résultats très structurels, qui permettront, à moyen terme, «de régler définitivement l’imprécision pour entrer dans un monde nouveau».
Atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon de 2029
En outre, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a annoncé un programme d’investissement de près de 400 milliards de francs Cfa visant à atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon de 2029. «Nous avons entrepris un programme extrêmement ambitieux pour atteindre l’accès universel à l’électricité à l’horizon de 2029, avec la mobilisation de près de 400 milliards de francs Cfa», a-t-il confié aux journalistes. Avec ce programme, l’État va électrifier 6471 localités, sur la base des «directives d’équité territoriale du président de la République», a ajouté M. Diouf lors de cette rencontre consacrée aux «enjeux, réformes et perspectives du secteur de l’énergie». Selon Elhadji Abdourahmane Diouf, 86% des Sénégalais ont actuellement accès à l’électricité.
Fatou DIOP