WASHINGTON PRECISE SES CRITERES POUR LA DESIGNATION DU PROCHAIN SG DE L’ONU Ni soutien explicite à Macky Sall, ni désaveu




 
 
Le choix des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu étant décisif dans la désignation du prochain secrétaire général de l’organisation, les États-Unis ont brossé le portrait-robot du candidat qu’ils adouberont, en réponse à une demande de «Les Echos» sur leur position par rapport à la candidature de Macky Sall. A travers une note d’un porte-parole du Département d’État et sans apporter de soutien explicite à un quelconque candidat, Washington met en avant un ensemble d’exigences centrées sur la réforme, l’efficacité et le recentrage stratégique de l’institution.
 
 
Sur requête de “Les Échos“ à travers son correspondant permanent aux Etats Unis, concernant la candidature de Macky Sall, les autorités américaines ont donné des précisions sur la position de Washington. Dans une correspondance adressée au Département d’État, la rédaction a interrogé l’administration américaine sur sa position officielle, alors que plusieurs informations de presse font état de contacts entre le candidat sénégalais et des responsables américains, sans qu’aucun démenti formel n’ait été exprimé à ce stade.
La demande portait également sur les critères qui guident l’évaluation des candidatures à ce poste stratégique, au moment où les consultations diplomatiques commencent à s’intensifier en coulisses. En réponse, le Département d’État n’a formulé aucun commentaire spécifique ni sur Macky Sall, ni sur un autre candidat, préférant détailler l’approche générale des États-Unis.
 
Pragmatisme, gestion rigoureuse et réformes
 
Selon cette déclaration, Washington recherche «un candidat pragmatique, déterminé et axé sur les réformes», capable de «préserver les contributions essentielles des États membres», tout en restaurant une gestion jugée plus rigoureuse et en rationalisant le fonctionnement de l’organisation. L’administration américaine insiste également sur la nécessité de «rétablir une gestion compétente» et de «simplifier significativement» les structures de l’Onu.
Au-delà des questions de gouvernance interne, les États-Unis mettent en avant un impératif de recentrage sur la mission première de l’organisation, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le texte critique implicitement une évolution de l’Onu vers des priorités jugées secondaires, évoquant une dérive vers des agendas «politisés» qui auraient, selon cette lecture, affaibli son efficacité globale.
 
 
Recentrage sur la mission première de maintien de la paix
 
 
Le ton employé, inhabituellement direct pour une communication diplomatique, reflète une volonté de marquer une rupture avec certaines orientations perçues comme trop idéologiques. Cette rhétorique s’inscrit dans un débat plus large aux États-Unis sur le rôle et les priorités des institutions multilatérales.
Washington précise par ailleurs qu’il procédera à une «évaluation active» des différents profils en lice afin d’identifier «l’individu présentant les qualifications les plus exceptionnelles». Le Département d’État souligne également qu’aucun candidat ne sera jugé sur la base de «caractéristiques immuables», une formulation qui semble répondre aux discussions récurrentes autour des équilibres régionaux, de la représentation ou encore de la question du genre dans le choix du futur secrétaire général.
 
Identifier «l’individu présentant les qualifications les plus exceptionnelles»
 
Cette position traduit une stratégie prudente : les États-Unis évitent, à ce stade, de s’engager derrière un nom, tout en envoyant des signaux clairs sur les attentes auxquelles devront répondre les candidats. Pour des profils comme celui de Macky Sall, cette absence de prise de position ne constitue ni un soutien explicite ni un désaveu, mais confirme que le processus d’évaluation reste ouvert.
Cette clarification intervient alors que la compétition pour la succession à la tête de l’Onu se structure progressivement, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des crises sécuritaires multiples et des attentes croissantes en matière d’efficacité du système multilatéral. Les prochains mois devraient voir s’intensifier les consultations entre États membres, en particulier au sein des grandes puissances dont l’influence demeure déterminante dans l’issue du processus.
 
Ahmadou KANE
(Correspondant permanent à New York)
 
LES ECHOS

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