Visite à Touba en prélude du Magal Ousmane Sonko rassure Serigne Mountakha et Serigne Bassirou Abdou Khadre et réaffirme son engagement à œuvrer pour la paix




 
À la tête d’une importante délégation composée notamment d’El Malick Ndiaye, de Waly Diouf, Abass Fall et de plusieurs autres responsables de son parti, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s’est rendu ce jeudi  à Touba pour rencontrer le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké et son porte parole, Serigne Bassirou Abdou Khadre. À l’appel de ses hôtes pour la stabilité du pays, le leader de Pastef leur a assuré qu’il ne ferait jamais rien pour mettre en péril la paix des Senegalais.
 
Serigne Mountakha Mbacké et son porte-parole sont très au fait des risques de tension qui guettent le pays. Recevant hier Ousmane Sonko, chacun à son domicile, les deux autorités Mourides ont beaucoup insisté sur l’impératif , pour tous les acteurs politiques, de travailler pour la stabilité du Senegal.
Face au Khalife général des Mourides, le President de l’Assemblee nationale lui a témoigné son estime pour le fondateur mouridisme, Cheikhoul Khadim. Ousmane Sonko, revenant sur les enseignements de Serigne Touba, a adossé l’esprit du patriotisme à celui du Mouridisme telle que Cheikhoul Khadim l’a enseigné à travers la construction de la grande mosquée de Touba par les contributions des Talibés alors que les colons étaient prêts à la lui confectionner entièrement, s’il le voulait. Pour le leader de Pastef, cette decision de Serigne Touba de s’affranchir totalement des blancs est aujourd’hui la base de cette importante richesse que Touba englobe, sur tous les plans. Une très belle leçon de souveraineté si l’on en croit le President de l’Assemblée nationale.
 
 
«Nous  ne pouvons nous permettre une quelconque situation de violence»
 
 
Ousmane Sonko a fait savoir à Serigne Mountakha Mbacké tout le respect qu’il a pour Touba et les règles établies dans cette ville religieuse. C’est dailleurs la raison pour laquelle, il hésite parfois à s’y rendre. «Nous voudrions bien être plus fréquent à Touba mais pour éviter toute violation des règles établies, nous préférons des fois nous abstenir puisqu’on ne peut pas contrôler les faits et gestes de tous nos militants qui agissent des fois sous le coup de l’émotion», clarifie-t-il avant d’assurer au khalife général des Mourides toute sa determination à œuvrer pour la paix. «Nous avons bien entendu votre invite pour la paix dans le pays. Soyez rassuré, nous partageons le même point de vue sur ce sujet. Nous  ne pouvons d’ailleurs pas nous permettre une quelconque situation de violence», déclare Ousmane Sonko qui poursuit : «c’est comme un paysan qui a accompli tous les travaux dans son champs et qui, à la veille de la moisson, prie pour une pluie qui compliquerait sa situation. Aucune forme de violence ne joue à notre faveur actuellement», clarifie t-il.
Serigne Mountakha Mbacké, après l’avoir remercié, a manifesté son estime à l’endroit du President Ousmane Sonko. Le khalife général des Mourides a aussi manifesté l’espoir que le discours du Président de l’Assemblee nationale lui a insufflé tout en lui demandant de continuer sur cette lancée.
 
Serigne Bass Abdou Khadre : «quand l’exécutif et le parlement ne parlent pas le même langage, cela fragilise la quiétude du pays»
 
Ousmane Sonko s’est aussi rendu chez le porte parole du Khalife des Mourides pour faire son Ziarra. Devant Serigne Bassirou Abdou Khadr, le leader de Pastef a réaffirmé son engagement et sa considération pour les populations de Touba. Il a décerné des remerciements particuliers pour ce dernier qui, dit-il, l’appelle très souvent pour lui prodiguer des conseils et des prières pour la stabilité du pays. «Je peux témoigner ici que vous êtes un vrai fédérateur. A chaque fois que de besoin, vous m’appelez pour inviter toutes  les parties à travailler pour la paix et la stabilité du pays».
Serigne Bassirou Abdou Abdou Khadre a, à son tour, invité Ousmane Sonko à œuvrer davantage pour la paix et la stabilité du pays. «Dans un pays, quand l’exécutif et le parlement ne parlent pas le même langage, cela fragilise la quiétude du pays. J’estime que vous avez un rôle particulier à jouer dans ce cadre, parce que vous êtes très écouté . Chacun a le droit d’avoir son idéologie mais cela ne doit pas constituer un obstacle pour la paix dans ce pays», dit il.
Pour le porte-parole du Khalife, même ceux qui n’ont jamais partagé la même idéologie peuvent cohabiter en paix à plus forte raison ceux que la politique a fini par séparer. «Je ne comprends pas l’objectif recherché par les deux camps ? ceux qui militent pour la dissolution de l’Assemblee nationale y gagnent quoi exactement. De même que ceux qui veulent bloquer le gouvernement. Il faut faire preuve de sérénité», conclut-il.
 
Nd. Kh. D. F
 
 
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