VOL, DESTRUCTION DE BIENS APPARTENANT A AUTRUI : 20 millions de dédommagement réclamés au maire de Rufisque et à son directeur des services techniques




 
 
À la suite de cette procédure initiée contre le maire de Rufisque, Oumar Cissé et son collaborateur, Lamine Niass, les héritiers de feu Silmane Louis Bichara leur réclament 20 millions de dédommagement pour vol, destruction de biens appartenant à autrui etc. L'affaire a été évoquée hier, mercredi 25 février 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar.
 
 
 
 
Après moult renvois, le dossier de l'actuel maire de Rufisque, Oumar Cissé et de son directeur des Services techniques, Lamine Niass, a finalement été évoqué hier, mercredi 25 février 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar. Ils sont attraits devant cette barre par les héritiers de Silmane Louis Bichara. Ils sont poursuivis pour vol, dégradation de biens appartenant à autrui, dommage à la propriété d'autrui et complicité de ces chefs d'infractions. À l'origine, dans cette affaire, il s'agit d'une parcelle objet du titre foncier numéro 571/R d'une superficie de 5433 mètres carrés sise à Rufisque dont les propriétaires sont les héritiers Bichara. Ces héritiers ont indiqué dans leur citation directe servie aux prévenus que ce lopin de terre est issu d'une succession qui a été régulièrement muté à leur profit conformément aux règles et procédures en vigueur. Mais, puisque ledit site faisait l'objet d'occupation anarchique, les autorités locales ont dû être sollicités pour le déguerpissement de ces occupants sans droit ni titre. C'est à la suite de cela qu'ils ont immobilisé du matériel à savoir deux chargements de grain de riz en vue d'ériger un mur de clôture. Hélas, la nuit précédant le début des travaux, les parties civiles ont constaté que les chargements et le matériel ont été en partie dissipés par les éléments de la mairie, et une autre partie dispersée à même le sol. À cet effet, ils accusent le maire comme étant la personne qui a ordonné ces destructions. Et pour ce qui est de son collaborateur, Lamine Niass, il serait d'après les héritiers la personne qui aurait détruit avec un tracteur les biens qui étaient sur place. À l'audience, le représentant de ces héritiers, Ousmane Diop, a révélé que non seulement la municipalité de Rufisque prête le site à certaines personnes, mais elle lui interdit d'accéder à ce bien après qu'ils ont terminé leur opération de déguerpissement. Il a même précisé que la mairie lui avait fait payer 2 millions de F Cfa pour ce déguerpissement qui a été effectué sur le site. Par ailleurs, Ousmane Diop a révélé que les agents ont détruit le matériel qu'il avait entreposé sur place pour sécuriser le terrain. Le maire ayant brillé par son absence à la barre du tribunal, contrairement à son collaborateur, Lamine Niass, celui-ci a précisé qu'en tant que directeur des services techniques, il est la personne qui dirige les services quand les agents partent pour faire des opérations sur le terrain. Il ajoutait que c'est par suite d’une opération de désencombrement initiée par le ministre de l'Intérieur, qu'ils ont chassé les tabliers et d'autres commerçants qui étaient installés sur la parcelle. Néanmoins, il a contesté les destructions que lui impute Ousmane Diop. "C'est le préfet avec tous ses services et moi qui dirigeons ces opérations. Je me pose la question de savoir pourquoi j'ai été le seul à être cité dans cette histoire ? La mairie ne lui a jamais opposé une quelconque occupation de ce terrain s'il dit qu'il lui appartenait", a-t-il déclaré. L'avocat de la partie civile, Me Abdou Dialy Kane, a au début de sa plaidoirie demandé au tribunal d'écarter le délit de vol qui est reproché aux prévenus parce que, semble-t-il, il n'y en a pas. Cependant, le conseil estime que la mairie de Rufisque et le préfet ont néanmoins une visée sur cette parcelle. D'après lui, le préfet aussi, parce qu'il loue ce terrain à des particuliers, qui empêchent les propriétaires de prendre possession de leur bien. Il a demandé au tribunal de leur allouer l'entier bénéfice de leur citation directe. Sur ce, c'est la somme de 20 millions de dommages et intérêts que l'avocat réclamait au maire Oumar Cissé et à son agent Lamine Niass. Le procureur ayant requis l'application de la loi contre les deux élus locaux, Me Mouhamadou Moustapha Dieng de la défense a demandé au tribunal de débouter le plaignant de ses demandes. Il a ainsi indiqué que son client est "totalement innocent" parce que la partie adverse est dans l'incapacité de prouver le vol qu'il allègue. Il a même précisé que la partie civile a clôturé son terrain il y a de cela quelques semaines. Délibéré au 11 mars 2026.
 
Fatou D. DIONE
 
 
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