Thierno Alassane Sall, député non-inscrit, est monté au créneau après l’annonce d’une plainte déposée contre lui par la société AEE Power. Dans une réaction postée sur son compte Facebook, le président de la République des Valeurs a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de diversion destinée à faire oublier les interrogations persistantes autour du controversé dossier des 37 milliards de francs Cfa liés à l’électrification rurale.
Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux sous le titre évocateur de «Quand le vice porte plainte», Thierno Alassane Sall a rejeté les accusations formulées contre lui et a choisi de contre-attaquer en remettant au centre du débat les fonds versés à l’entreprise espagnole dans le cadre du marché attribué par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser). Selon le parlementaire, les informations dont il dispose, confortent ses précédentes dénonciations. «Nos 37 milliards ont servi, en partie, à payer des honoraires d’avocats en Côte d’Ivoire et ailleurs», a-t-il affirmé, estimant que l’argent public destiné à améliorer l’accès à l’électricité des populations rurales n’a pas été utilisé conformément aux objectifs du projet.
Le député non-inscrit a également dénoncé ce qu’il qualifie de comportement contradictoire de la société mise en cause. «AEE Power EPC, sourde aux interpellations des citoyens, nous informe par son avocat avoir déposé une plainte, une de plus, cette fois-ci contre ma personne. Tout en refusant de répondre à la justice espagnole», a-t-il déclaré.
Dans sa sortie, Thierno Alassane Sall a durci le ton en évoquant l’existence de «vampires» qui cherchent, selon lui, à profiter d’un «pactole disparu». Il accuse également certains acteurs de tenter de détourner l’attention de l’opinion publique des questions essentielles soulevées dans cette affaire.
Au-delà de l’aspect judiciaire, l’ancien ministre a insisté sur les conséquences sociales du dossier. Il rappelle que de nombreuses localités demeurent encore privées d’électricité malgré les importantes sommes mobilisées pour les programmes d’électrification rurale. «Pendant ce temps, des compatriotes, privés d’électricité, vivent dans des conditions inhumaines. La justice sénégalaise devrait, depuis longtemps, mettre un terme à cette tragi-comédie», a-t-il déploré.
Cette réaction intervient au lendemain de l’annonce faite par l’avocat de la société, Me Patrick Kabou, qui a indiqué avoir saisi la justice contre Thierno Alassane Sall pour plusieurs chefs, notamment diffusion de fausses nouvelles, diffamation, divulgation de données bancaires sans autorisation, atteinte à l’image et à la réputation de l’entreprise ainsi que violation du secret de l’instruction.
Fatou DIOP