"VIOLATION" DE DROITS, IRRÉGULARITÉS DE LA PROCÉDURE, SITUATION PSYCHOLOGIQUE ET LIBERTÉ PROVISOIRE DE AZOURA FALL : Me Ciré Clédor Ly tacle le procureur, qui riposte puis demande le rejet de tous les exceptions




 
 
 
Azoura Fall, de son vrai nom Assane Guèye, a comparu hier, mardi 2 juin 2026, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le militant du parti Pastef/Les Patriotes, agriculteur et vendeur de véhicules de son état, est poursuivi pour offense au chef de l'État. À la barre du tribunal, lorsque le juge a notifié à ce prévenu de 36 ans cette infraction qui lui est imputée, son avocat, Me Ciré Clédor Ly, a soulevé des exceptions pour montrer les "irrégularités et les violations" que comporte ladite procédure.
 
L'avocat a tenu à rappeler au juge que l'action publique, même s'il appartient au ministère public, dit-il, il n'en demeure pas moins que son exercice diffère en mouvement. "Le mouvement de l'action publique n'appartient pas au ministère public et quid de l'offense au chef de l'État ? Est-ce que le Président Bassirou Diomaye Faye est au courant que Azoura Fall a dit ça ? Est-ce qu'il est au courant que ce procès est en train de se tenir en ce moment ?", a indiqué Me Ly. Par rapport à l'état mental de Azoura Fall, l’avocat estime que s’il est à nouveau envoyé en prison, ce serait enfreindre la loi. "Il a été interné et il y a eu la mainlevée concernant son internement à l'hôpital psychiatrique et cette mesure est assortie d'une sortie à l'essai avec un suivi médical. Il doit être suivi pour 6 mois. Par ailleurs, il s'y ajoute que l'article 50 du Code pénal dit qu'il n'y a ni délit, ni infraction lorsque la personne, au moment des faits, était en état de démence", a attesté la robe noire qui a demandé au tribunal de déclarer nulle cette procédure initiée contre son client.
De son côté, la représentante du procureur a tenu de rappeler qu'il est là pour l'intérêt général et pour s'autoproclamer être un ami de quelqu'un. Je ne suis pas là pour plaire à qui que ce soit, a pesté la parquetière. Tout comme le conseil de la défense, elle a souligné que l'état mental de Azoura Fall n'était pas une farce, ni une blague, parce que cela a été pris au sérieux. C'est à cet effet, précise la représentante du parquet que l'homme de l'art a dit dans son rapport que Assane Guèye a une altération significative du discernement, à la suite d'un diagnostic qui a été effectué au mois de février dernier. Ne serait-ce que pour essayer de le protéger de sa maladie, de ses tares ou pour éviter juste de le protéger de son état, dit-elle toujours, on l'avait envoyé en internement dans cet hôpital psychiatrique. Mais à la suite d'une vidéo devenue virale, le prévenu disait qu'il n'était pas fou, que sa place n'a jamais été là-bas et qu'il n'est pas sénile. Et contre toute attente, rappelle la procureure, 10 jours après ladite vidéo, une requête a été déposée par les conseils de Assane Guèye. Ces derniers, après s'être entretenus avec le médecin, dit-elle, ont dit que l'état du client a connu une nette amélioration et qu'un délai de 15 jours étaient suffisant pour son internement au centre psychiatrique de Thiaroye. "C'est ainsi qu'une ordonnance aux fins de mainlevée a été dressée pour lui sous le régime ambulatoire. Je dirais que cela devient coutume maintenant de plaider la folie, de plaider la sénilité et même pour d'autres qui n'ont pas de conseils. L'article 50 a bon dos Monsieur le Président. Il y a démence lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action. Et ces intervalles de lucidité existent. Ce sont ces intervalles qui lui ont permis de se retrouver avec un traitement ambulatoire. Il n'a jamais été rapporté qu'au moment des faits, il n'était pas maître de ces actes", a expliqué le ministère public qui a demandé au tribunal de rejeter toutes ces exceptions soulevées par le conseil de la défense, Me Ciré Clédor Ly. Ce dernier, à la suite des observations du procureur, a demandé la liberté provisoire pour Azoura Fall afin que, selon lui, ce dernier puisse aller à ses rendez-vous médicaux. Le parquet, après s'être opposé, a parlé de risque de troubles à l'ordre public qui ne s'est toujours pas estompé, de manque de garantie de représentation en justice concernant Azoura Fall qui pourrait se soustraire définitivement à l'action de la justice. Au final, le tribunal a rejeté ladite demande en se fondant sur les arguments du procureur, avant de fixer le délibéré sur les exceptions au 9 juin prochain.
 
FDD
 
 
 
 
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