VIEIRA VA-T-IL LES RESSUSCITER ? Bouna Sarr, Malang Sarr, Habib Diallo, Boulaye Dia, Cheikh Sabaly, Nampalys Mendy, Ousseynou Niang... attendent depuis des mois




 
 
Ils ont connu les convocations qui n’arrivent plus, les listes où leur nom disparaît, les grands rendez-vous regardés à distance et les explications parfois difficiles à encaisser. Certains étaient champions d’Afrique, d’autres avaient pourtant répondu présents dans les éliminatoires du Mondial. Avec l’arrivée de Patrick Vieira, une nouvelle porte s’entrouvre. Bouna Sarr, Malang Sarr, Habib Diallo, Boulaye Dia, Cheikh Sabaly, Nampalys Mendy ou encore Ousseynou Niang font partie de ces Lions qui espèrent transformer le changement de sélectionneur en seconde chance.
 
Il y a les nouveaux qui rêvent de découvrir la Tanière. Et puis il y a ceux qui la connaissent déjà, qui en ont porté le maillot, vécu les grands rassemblements, partagé les vestiaires des champions d’Afrique… mais qui ont fini par regarder les autres partir sans eux.
C’est toute l’histoire parallèle de cette première liste de Patrick Vieira. Le 18 septembre, le nouveau sélectionneur ne sera pas seulement attendu sur les nouveaux noms qu’il va appeler. Ses choix seront aussi scrutés à travers les absents de l’ancienne ère. Car derrière chaque nom oublié, il y a un parcours, une frustration, parfois une dernière chance.
Et parmi eux, certains ont une revanche à prendre.
 
Bouna Sarr : le champion d’Afrique qui veut rentrer à la maison
 
Son histoire est probablement la plus humaine. Bouna Sarr n’a plus été convoqué avec les Lions depuis les barrages de la Coupe du monde 2022. Entre les blessures, les difficultés rencontrées en club et une concurrence devenue féroce, le latéral a progressivement disparu du radar.
Mais il n’a jamais complètement fermé la porte. En mai dernier, alors que le Mondial approchait, le champion d’Afrique 2022 expliquait encore qu’il aimerait revivre des moments avec la sélection et estimait être capable de rendre des services au groupe. Entre-temps il claque du côté du FC Metz ou il démarre une deuxième saison. Quelques mois plus tard, après l’arrivée de Patrick Vieira, le joueur du FC Metz a de nouveau laissé entendre qu’un retour ne lui serait pas indifférent.
Cette fois, le message est limpide : Bouna Sarr n’appelle pas à une faveur. Il attend une opportunité. À 34 ans, son dossier est évidemment particulier. Vieira devra juger le joueur actuel, pas seulement le champion d’Afrique qu’il était. Mais l’expérience du groupe, la connaissance de la Tanière et la polyvalence du joueur peuvent entrer dans l’équation. Surtout, il y a cette dimension presque sentimentale : après avoir soulevé la Can avec le Sénégal, Bouna Sarr veut simplement savoir s’il reste une place pour lui dans cette nouvelle histoire.
 
Malang Sarr : l’absence qui avait fait du bruit
 
S’il fallait choisir un symbole des débats autour des choix de Pape Thiaw, Malang Sarr serait difficile à contourner. Le défenseur du RC Lens n’avait pas été retenu pour le Mondial 2026 malgré une saison qui avait alimenté les discussions autour de sa candidature. Pape Thiaw avait alors assumé publiquement son choix, parlant d’un « choix sportif assumé ». Le dossier avait donc été tranché. Mais un changement de sélectionneur change forcément la lecture des dossiers. Malang Sarr n’a plus besoin de convaincre Pape Thiaw. Il doit désormais convaincre Vieira. Et c’est toute la différence. Le nouveau coach ne porte pas les mêmes arbitrages, n’a pas construit les mêmes hiérarchies et ne possède pas nécessairement la même vision des profils défensifs.
Pour le Lensois, la première liste du technicien français pourrait donc représenter beaucoup plus qu’une simple convocation : une deuxième lecture de son dossier international.
 
Habib Diallo : le rêve mondial brisé
 
Son cas est probablement l’un des plus douloureux. Habib Diallo avait fait les qualifications. Il avait participé au parcours vers le Mondial. Il avait même vécu la Can 2025 avec les Lions. Puis est arrivée la liste de Pape Thiaw. Son nom n’y figurait pas.
Quelques mois auparavant, l’attaquant avait expliqué à quel point participer à une Coupe du monde représentait un objectif personnel, rappelant qu’il avait déjà vécu la campagne qualificative de 2022 sans participer à la phase finale.
La déception était donc immense. Habib Diallo a ensuite réagi publiquement à cette non-convocation, dans un contexte où plusieurs champions d’Afrique avaient eux aussi été laissés de côté. Pour lui, Vieira arrive avec une question simple : l’ancien international peut-il redevenir une option crédible dans une attaque où la concurrence reste féroce ?
La réponse ne viendra pas des souvenirs. Elle viendra du terrain.
 
Boulaye Dia : du champion d’Afrique à l’absent du Mondial
 
Autre histoire, autre profil. Boulaye Dia faisait lui aussi partie des champions d’Afrique absents du groupe de Pape Thiaw pour le Mondial 2026. Avec Habib Diallo, Cheikh Sabaly, Ousseynou Niang et Mamadou Lamine Camara, il figurait parmi les champions d’Afrique écartés de la liste. Pour un attaquant, la sentence est toujours brutale : le football ne pardonne pas longtemps les périodes de creux. La concurrence devant était devenue considérable. Nicolas Jackson, Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye, Bamba Dieng, Chérif Ndiaye, Assane Diao ou encore Ibrahim Mbaye occupaient l’espace offensif dans la liste du Mondial.
Mais une nouvelle équipe technique peut aussi faire émerger de nouveaux besoins. Vieira devra décider ce qu’il recherche devant : vitesse, profondeur, fixation, mobilité, expérience, efficacité. Et dans ce nouveau casting, Boulaye Dia pourrait vouloir rappeler qu’il n’a pas disparu.
 
Cheikh Sabaly : le nom qui refuse de disparaître
 
Son histoire est celle d’un joueur qui a régulièrement frappé à la porte. Cheikh Sabaly avait encore été convoqué par Pape Thiaw dans les mois précédant le Mondial, notamment lors du sprint final des qualifications. Puis il a disparu du groupe retenu pour la Coupe du monde. Son absence, comme celles de plusieurs champions d’Afrique, témoignait surtout d’une concurrence devenue particulièrement forte.
Mais justement : le changement de coach peut remettre certains profils dans la conversation. Avec Vieira, Sabaly devra démontrer que son profil peut répondre aux exigences du nouveau système et de la nouvelle animation offensive.
La revanche ne se gagnera pas dans les débats. Elle se gagnera sur le terrain.
 
Nampalys Mendy : l’éternel retour
 
Il est peut-être le meilleur exemple de la fragilité d’une place en sélection. Nampalys Mendy avait disparu du groupe avant de revenir sous Pape Thiaw en octobre 2025, un retour après près d’un an d’absence.
Son retour n’était pas un cadeau. Il répondait à une conjoncture sportive, notamment aux blessures de Habib Diarra et Lamine Camara.
Le milieu expérimenté connaissait donc déjà cette sensation : attendre que la porte s’ouvre. Avec Vieira, son profil pourrait à nouveau être observé sous un autre angle. Mais à son âge et dans un secteur où la concurrence est particulièrement forte, chaque rassemblement devra être gagné.
Nampalys connaît la Tanière. Il connaît aussi sa cruauté.
 
Ousseynou Niang : le champion d’Afrique qui a disparu des radars
 
Son nom est moins médiatisé, mais son histoire mérite d’être racontée. Ousseynou Niang faisait partie des champions d’Afrique 2025, mais il n’a pas été retenu dans le groupe du Mondial 2026. Il figurait avec Habib Diallo, Boulaye Dia, Cheikh Sabaly et Mamadou Lamine Camara parmi les champions d’Afrique absents de la liste de Pape Thiaw. C’est précisément ce genre de dossier qui rend la première liste de Vieira intéressante. Parce que le nouveau sélectionneur ne va pas seulement choisir parmi ceux qui étaient déjà installés.
Il va aussi décider quels dossiers méritent d’être rouverts. Et pour Niang, l’objectif est désormais de remettre son nom dans la conversation.
 
Mamadou Lamine Camara : le retour est-il possible ?
 
Autre champion d’Afrique absent du Mondial, Mamadou Lamine Camara avait pourtant déjà retrouvé la sélection sous Pape Thiaw en octobre 2025. Son absence du groupe mondial fait donc partie de ces décisions qui ont laissé certains joueurs à la frontière du grand rendez-vous. Le milieu a déjà connu le chemin du retour. Avec Vieira, il devra peut-être le reprendre une nouvelle fois.
Dans un entrejeu où les places sont disputées par Idrissa Gana Gueye, Pape Gueye, Pape Matar Sarr, Pathé Ciss, Lamine Camara et Habib Diarra, la bataille sera forcément rude.
Mais une chose joue en sa faveur : il sait déjà ce que signifie revenir.
 
Une Tanière qui peut changer de visage
 
C’est peut-être là que se trouve le véritable intérêt de cette première liste. Patrick Vieira n’arrive pas dans une Tanière vide. Il hérite d’un groupe construit, de cadres installés, de jeunes qui montent et de joueurs qui attendent derrière.
La liste du Mondial de Pape Thiaw avait privilégié une certaine continuité, avec 28 joueurs dont plusieurs cadres et jeunes talents. Mais cette continuité avait aussi laissé plusieurs champions d’Afrique sur le quai.
Désormais, les mêmes joueurs regardent la nouvelle sélection avec une autre forme d’espoir. Pas forcément parce qu’ils pensent être meilleurs que ceux qui étaient là. Mais parce que leur dossier est de nouveau ouvert.
 
Vieira ne leur doit rien… mais il peut tout changer
 
C’est toute la nuance de cette histoire. Patrick Vieira ne doit aucune convocation à Bouna Sarr. Il ne doit aucun retour à Malang Sarr. Il ne doit aucune revanche à Habib Diallo, Boulaye Dia ou Cheikh Sabaly.
Mais il peut leur offrir quelque chose que le changement de sélectionneur permet toujours : une nouvelle audition.
À eux ensuite de transformer cette audition en évidence. Car la sélection nationale n’est pas un refuge pour les déçus. C’est une compétition permanente. Et dans la nouvelle Tanière, personne ne sera convoqué pour réparer les frustrations du passé.
 
 
 
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