Pour avoir violé sa propre fille, Kaoussou Bodian, agent de sécurité de 46 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la chambre criminelle de Dakar le 5 mai dernier. L'homme marié et père de 4 enfants a été reconnu coupable de viol par ascendant, pédophilie et attentat à la pudeur avec violences.
Si la plupart des victimes de viol ont comme bourreaux des personnes qui hors de leurs familles, S. Bodian, quant à elle, a été la victime de son propre… père. Reconnu coupable de viol par ascendant, pédophilie et d'attentat à la pudeur avec violences, cet agent de sécurité de 46 ans, domicilié à Keur Massar, plus précisément à la Cité Sonacos, marié et père de 4 enfants, a été condamné, le mardi 5 mai 2026, à 20 ans de réclusion criminelle, comme l'avait requis le procureur lors de son procès. Il doit allouer la somme de 1 million de F Cfa en guise dédommagement à sa fille âgée de 16 ans au moment des faits et au civilement responsable de cette dernière, Abdoulaye Sarr.
Tout est parti de la plainte de Abdoulaye Sarr le 22 octobre 2021 au commissariat de Jaxaay contre le père de famille, Kaoussou Bodian. Entendu, il déclarait qu'étant ľépoux de sa grand-mère, la victime était venue le voir en pleurs pour lui confier que son propre père ne cessait d'abuser d'elle sexuellement. Il précisait avoir appelé l'accusé pour lui demander de venir chez lui et de s'expliquer face à ces accusations. Mais, dit-il, le père incestueux lui servait toujours comme excuse une maladie qui ne lui permettait pas de se déplacer. Abdoulaye Sarr a d'ailleurs affirmé que pour en avoir le cœur net, il a conduit la fille au district sanitaire Mame Dior pour une consultation gynécologique. Là, la sage-femme a confirmé l'existence de rapports sexuels.
La réunion de famille
Après ça, Abdoulaye Sarr dit avoir organisé une réunion de famille chez Kaoussou Bodian qui était resté indifférent durant la rencontre puisqu'il ne contestait pas les faits, alors que sa fille confirmait ses accusations de viol à son encontre. Au cours de cette réunion, contre toute attente, l'épouse de l'accusé avait même révélé avoir surpris une fois dans son lit son mari et la victime sans vouloir entrer dans les détails. La victime, S. Bodian, entendue en présence de sa grand-mère Alimatou Diouf, déclarait que son père la violait malgré sa résistance et qu'elle ne pouvait préciser le nombre de fois. La fillette expliquait que la première fois, c'était au début de l'année scolaire lorsque l'épouse de son père ramenait ses demi-frères en Casamance en vue de leur inscription scolaire. Elle précisait que ce jour-là, son père l'avait trouvée en train de regarder la télévision et s'était mis à lui caresser les mains puis les seins. Lorsqu'elle a interpellé son père sur ses agissements, ce dernier lui avait répondu qu'il était en train de la tester. Quelques heures plus tard, dit-elle, son père avait recommencé à la caresser jusqu'à la pénétrer. D'autre part, elle soutenait que son père l'avait pénétrée une seule fois et que les autres fois, il se contentait de frotter son sexe jusqu'à éjaculation et parfois en usant de violences pour arriver à ses fins.
Interrogée à son tour, Seynabou Goudiaby, épouse de l'accusé, déclarait que la fillette vivait sous leur toit depuis 2004 et que lorsque l'affaire s'est ébruitée, ses grands-parents étaient venus à leur domicile pour des explications et que ce jour-là, son époux qui tergiversait ne disait rien de précis. Elle précisait même qu'au départ des grands parents de sa belle-fille, elle avait questionné son époux et ce dernier avait nié les accusations d'abus sexuels.
Kaoussou Bodian avoue…
Pour sa part, l'accusé Kaoussou Bodian a expliqué que sa fille vivait avec elle depuis qu'elle est âgée de 5 ans, après son divorce avec sa mère. Face aux enquêteurs, il reconnaissait avoir entretenu des rapports sexuels avec sa fille, S. Bodian, il y a de cela un an. Suite à cet aveu, il a imploré la clémence des enquêteurs. Interrogé sur les circonstances des viols, ce père de famille a soutenu que la première fois, il venait fraîchement de sortir de la douche et a retrouvé sa fille dans la chambre. Sans pouvoir expliquer son geste, il s'était jeté sur elle. Il a par ailleurs précisé n'avoir jamais pénétré sa fille, mais, qu'il se frottait sur elle sans enlever ses vêtements jusqu'à éjaculation, puisqu'il évitait de l'engrosser. Poursuivant, Kaoussou Bodian attestait même qu'il se masturbait devant elle de temps en temps.
… puis se rétracte
À la suite de son inculpation pour ces faits, Kaoussou Bodian a été jugé devant la chambre criminelle 5 ans après alors que ces faits ont éclaté en 2021. Mais à la barre du tribunal, il a contesté les faits malgré les aveux circonstanciés qu'il avait faits à l'enquête et devant le juge d'instruction. Suivant ainsi la ligne de défense de son client, Me Pape Seyni Mbodji, l'avocat de Kaoussou Bodian, avait plaidé le doute concernant l'imputabilité des faits face à la victime qui persistait dans ses accusations.
Fatou D. DIONE