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« Thiakhane bakhoul ! » : Le coup de colère de Cheikh Diba après le rejet de la LFR



Piqué au vif par les accusations d'insincérité budgétaire et d'amateurisme portées par les députés, le ministre des Finances Cheikh Diba a répliqué avec véhémence en séance plénière. Lançant plusieurs « Thiakhane bakhoul » à l'endroit de l'opposition, le ministre a défendu la légitimité des rectifications budgétaires prévues par la LOLF, tout en révélant un écart important de recettes à fin septembre (173,3 milliards recouvrés sur 762 milliards attendus). S'appuyant sur sa proximité de travail avec l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko et le président de séance El Hadji Malick Ndiaye, le grand argentier a balayé les critiques sur son efficacité.
​Le ministre des Finances et de l’Économie, Cheikh Diba, a vivement contesté l’argument d’insincérité budgétaire brandi par les parlementaires pour justifier le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Défendant sans concession le texte du gouvernement, le grand argentier de l'État a recadré les députés : « La sincérité budgétaire, ça ne se pose pas en ces termes », a-t-il martelé à la tribune. Invoquant les mécanismes légaux de rectification prévus par la Constitution et la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), le ministre a également révélé un recouvrement de 173,3 milliards de francs CFA au mois de septembre, contre un objectif initial de 762 milliards.
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​« Thiakhane bakhoul ! » [Les enfantillages, ça suffit !], a répété à plusieurs reprises le ministre des Finances pour dénoncer ce qu'il qualifie de posture politique de l'opposition. Répondant du tac au tac aux invectives d'une parlementaire sur le rendement de son équipe, Cheikh Diba s'est voulu catégorique : « Vous pouvez dire que nous ne travaillons pas, mais votre mentor, l'ancien Premier ministre, ne le dira jamais, tout comme El Hadji Malick Ndiaye qui préside la séance aujourd'hui. Il y a juste un petit changement, mais on sait qui est qui dans ce pays ! »
​Dans une intervention ponctuée d'interruptions et d'échanges électriques avec les travées de l'opposition, le ministre s'est employé à recadrer le débat technique. Selon lui, la notion de sincérité budgétaire ne saurait être instrumentalisée pour rejeter l'action gouvernementale. « Le débat à l'Assemblée nationale n'a jamais été une question de sincérité budgétaire », a-t-il lancé, en rappelant les précédentes lois de finances rectificatives soumises à la représentation nationale lors de l'exercice 2025. Pour étayer sa démonstration, Cheikh Diba a remémoré le schéma classique : le vote de la loi de finances initiale, suivi d'une première LFR soumise en cours d'année, puis d'un second ajustement présenté à une semaine de la clôture de l'exercice. À ses yeux, ces réajustements successifs traduisent précisément la volonté de l'Exécutif d'épouser la trajectoire réelle des finances publiques et d'en rendre compte avec transparence.
​ « Revenir à la bonne trajectoire »
​Le ministre a fermement défendu la ligne de conduite de son département, qui consiste à se présenter devant la représentation nationale dès lors que l’exécution budgétaire s'éloigne des projections d'origine. « Chaque fois qu'on s'écarte des prévisions que nous avions ici retenues de commun accord, on revient présenter les modifications pour revenir à la bonne trajectoire. C'est cela, la sincérité budgétaire », a-t-il soutenu. Cheikh Diba estime ainsi que l'orthodoxie financière ne doit pas être évaluée au seul prisme des écarts arithmétiques entre les prévisions et les réalisations. Il a rappelé que la Constitution et la LOLF offrent tous les verrous nécessaires pour encadrer l'exécution et sanctionner la gestion publique, notamment lors de l'examen de la loi de règlement.
​ 173,3 milliards recouvrés contre 762 milliards attendus
​Abordant le chapitre des chiffres, le ministre a dévoilé les données relatives aux recettes publiques. D'après ses précisions, les montants recouvrés à la fin du mois de septembre s'élevaient à 173,3 milliards de francs CFA, face à un objectif prévisionnel fixé à 762 milliards.
​Tout en reconnaissant publiquement cet écart substantiel, Cheikh Diba a fermement récusé le diagnostic d'un échec de la politique budgétaire de l'État. Il a balayé d'un revers de main les attaques visant la compétence de ses services, refusant que le travail des cadres et techniciens du ministère des Finances soit dénigré à des fins politiciennes.

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