Le président Macky Sall rétrograde dans la course au secrétariat général des Nations-Unies. Avec seulement 5 voix «encourage», contre 9 «décourage», Macky Sall voit son soutien s’éroder au troisième scrutin indicatif du Conseil de sécurité. Il est désormais devancé par Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett, mais aussi rejoint par Olara Otunnu et Rafael Grossi.
N'est-il pâs temps pour Macky Sall de se rendre à l’évidence et de renoncer à la course au secrétariat général de l’Organisation des Nations Unies ? Si Les Echos fait cette demande, c’est que le troisième «straw poll» du Conseil de sécurité de l’Onu n’a pas une nouvelle fois souri à Macky Sall. Le candidat du Président Diomaye Faye à la succession d’António Guterres a enregistré, ce vendredi 18 septembre, 5 voix «encourage», 9 «décourage» et 1 «sans opinion». Un résultat qui marque un recul par rapport aux deux précédents scrutins, où l’ancien président du Sénégal avait obtenu à chaque fois 6 voix favorables, 7 défavorables et 2 sans opinion.
La dynamique change donc pour l’ancien chef de l’État. Après deux tours marqués par une certaine stabilité, sa candidature connaît son premier véritable décrochage. Une voix favorable disparaît, tandis que deux voix défavorables supplémentaires apparaissent. Surtout, Macky Sall ne figure plus dans le groupe de tête.
Un retard qui se creuse
Le contraste avec les deux candidates actuellement en tête est saisissant. La Costaricaine Rebeca Grynspan arrive en première position avec 9 «encourage», 5 «décourage» et 1 «sans opinion». Elle est suivie par la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, qui obtient 8 voix favorables, 6 défavorables et 1 sans opinion. Avec ses cinq voix favorables, Macky Sall se retrouve ainsi à quatre voix de la première place et à trois de la deuxième.
L’ancien président du Sénégal (2012-2024) n’est plus seul à ce niveau du classement. L’Ougandais Olara Otunnu obtient lui aussi cinq voix «encourage», mais avec seulement sept «décourage» et trois «sans opinion». L’Argentin Rafael Grossi recueille également cinq voix favorables, contre huit défavorables. Macky Sall conserve le même nombre de soutiens que certains de ses concurrents directs, mais affiche le plus lourd contingent de votes défavorables parmi les candidats ayant obtenu cinq «encourage».
Pour Macky Sall, le troisième tour est synonyme de rupture. Les deux premiers scrutins avaient livré le même résultat : 6 voix favorables, 7 défavorables et 2 sans opinion. Le candidat sénégalais perd un soutien et voit deux membres supplémentaires du Conseil de sécurité exprimer leur opposition.
À l’inverse, les deux candidates en tête conservent leur position dominante. Grynspan et Rodrigues-Birkett sont les seules à avoir occupé les deux premières places lors des trois «straw polls», même si aucune n’a encore atteint le seuil permettant de considérer son soutien comme suffisant pour une recommandation formelle.
Le soutien de Dakar n’a pas inverse la tendance
Cette évolution intervient alors que la candidature de Macky Sall a bénéficié, en juillet, du soutien officiel du Président Diomaye Faye. Mais cet appui politique, intervenu plusieurs mois après le dépôt de la candidature, n’a pas encore produit d’effet visible dans les chiffres du Conseil de sécurité. Le dossier de Macky Sall avait été officiellement transmis aux Nations-Unies le 2 mars 2026 par le Burundi, selon les documents publiés par l’Onu. Le troisième « straw poll » montre donc que le soutien de Dakar n’a, à ce stade, pas permis au candidat sénégalais de transformer sa candidature en dynamique internationale mesurable.
Grynspan et Rodrigues-Birkett prennent leurs distances
La hiérarchie qui se dessine est néanmoins nette. Avec neuf voix favorables, Rebeca Grynspan est désormais la seule candidate à atteindre le seuil de neuf «encourage» dans ce troisième tour. Carolyn Rodrigues-Birkett suit avec huit. La comparaison avec le processus de 2016 est également révélatrice : António Guterres avait rapidement consolidé une position dominante lors des «straw polls», ne descendant jamais sous les 11 voix «encourage» durant le processus de l’époque. Le Conseil de sécurité reste cette année beaucoup plus fragmenté.
Pour obtenir la recommandation du Conseil de sécurité, un candidat devra réunir au moins neuf voix sur quinze et ne faire l’objet d’aucun veto de l’un des cinq membres permanents : États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni. Le nom recommandé sera ensuite soumis à l’Assemblée générale, composée de 193 États membres.
Après deux mois de stabilité, la candidature de Macky Sall vient de perdre du terrain au moment où ses deux principales concurrentes consolident leur position en tête.
Fatou DIOP