Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) demande la publication systématique de toutes les décisions du Conseil constitutionnel et appelle à la mise en œuvre des recommandations formulées à l’issue des dernières élections. Dans un communiqué publié ce 18 septembre 2026, le regroupement politique exprime également sa solidarité avec des acteurs de la société civile visés par des menaces de mort.
Par lettre en date du 17 septembre 2026, le Fdr dit avoir saisi le président du Conseil constitutionnel pour demander que «systématiquement toutes les décisions du Conseil soient publiées dans les mêmes formes et procédés».
Le regroupement politique relève que, depuis 2016, le Conseil constitutionnel rend des décisions en différentes matières, notamment sur saisine contentieuse et sur demande d’avis. Selon le Fdr, les décisions rendues en matière contentieuse sont, en plus de leur publication au Journal officiel, « toujours et sans délai» portées à la connaissance du public par voie d’affichage et de mise en ligne sur le site internet de l’institution.
Le traitement serait différent pour les décisions rendues sur demande d’avis. Le Fdr cite notamment la décision rendue le 10 juillet 2024 à la suite d’une demande d’avis du chef de l’État en date du 5 juillet 2024. «Or, celle-ci n’a été publiée que dans le Journal officiel du 6 septembre 2024», déplore le Fdr.
Pour le Fdr, ce décalage dans la publication a «favorisé le camp présidentiel» lors des élections législatives, en lui permettant, selon lui, de se préparer avant les autres listes candidates. «Une telle pratique constitue une violation flagrante de l’égal accès des citoyens, des acteurs institutionnels et politiques à l’information», estime le regroupement.
Le dispositif électoral au menu des échanges avec le Resao
Le Fdr indique également avoir reçu, mercredi 16 septembre 2026, une délégation du Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (Resao), en visite au Sénégal.
Selon le communiqué, la rencontre portait notamment sur les actions engagées pour renforcer le dispositif électoral ainsi que sur la mise en œuvre des recommandations formulées par les missions d’observation de la Cedeao après l’élection présidentielle de mars 2024 et les élections législatives de novembre 2024. Tout en regrettant le caractère qu’il juge «partisan et inexact» de la note conceptuelle de la mission, le Fdr dit s’être « félicité de l’initiative et de la qualité des échanges».
Le regroupement affirme toutefois qu’« aucune des recommandations de la précédente mission de la Cedeao n’avait été mise en œuvre». Il attribue notamment cette situation à «la crise au sommet de l’État, au manque de transparence électorale, au non-respect de la loi n°2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral, telle que modifiée», ainsi qu’à «l’inactivité persistante de la Cena».
Sur ce dernier point, le Fdr estime que la situation est contraire aux missions assignées à la Commission électorale nationale autonome, notamment par les articles 5 et 6 du Code électoral.
Appel à des réformes
Dans son communiqué, le Fdr appelle les institutions concernées à garantir « une information publique accessible, rapide et équitable » et à engager « sans délai les réformes nécessaires au renforcement de la transparence et de la crédibilité du processus électoral ».
Le regroupement demande ainsi que les modalités de publication des décisions du Conseil constitutionnel soient harmonisées et que les recommandations issues des missions d’observation électorale soient effectivement prises en compte.
Sidy Djimby NDAO