TRANSPARENCE BUDGETAIRE : Le Sénégal encore recalé par Washington malgré des promesses de progrès




 
Malgré la publication des lois de finances et un suivi régulier des dépenses de l’État, le Sénégal est une nouvelle fois exclu du cercle restreint des 16 pays africains conformes aux exigences minimales de transparence budgétaire de Washington. Selon le rapport 2026 du Département d’État américain, le pays reste freiné par l’opacité tenace qui entoure la gestion, les revenus et l’endettement réel des grandes entreprises publiques. Une défaillance ciblée qui gâche les progrès enregistrés et impose des réformes financières d’urgence
 
 
Le verdict du Département d’État américain est tombé avec une rigueur sans équivoque dans son rapport 2026 sur la transparence budgétaire. Alors que seize nations africaines satisfont désormais pleinement aux exigences minimales de redevabilité et de clarté financière, le Sénégal manque une nouvelle fois le coche. Si Washington concède du bout des lèvres l'existence de progrès significatifs, le constat de fond reste le même : le compte n’y est toujours pas. En matière de gestion des deniers publics, la rigueur exige plus que des déclarations d'intention.
 
16 pays africains félicités là où le Sénégal brille par son absence
 
La mise au point américaine est un rappel à l'ordre direct pour les autorités sénégalaises. Seize pays du continent ont réussi à aligner leurs standards sur les normes internationales de transparence : le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie, l’île Maurice, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, l’Afrique du Sud, la Tunisie et l'Ouganda. Voir des voisins immédiats et des économies de taille comparable figurer dans ce peloton de tête remet directement en cause le leadership budgétaire que le Sénégal prétend incarner dans la sous-région.
 
L'opacité persistante du secteur public
 
C'est sur le terrain du contrôle des entreprises publiques et de la lisibilité des dettes que l'évaluation américaine pointe des manques intolérables. Le rapport dénonce fermement l'opacité qui entoure les allocations financières accordées par l'État aux grandes sociétés publiques, ainsi que le flou entretenu sur leurs revenus réels. Les documents budgétaires officiels pèchent par une absence d'informations détaillées sur les engagements financiers et les dettes spécifiques contractées par ces entités majeures. Cette rétention d'informations critiques prive les citoyens et les analystes d'une vision réelle de la vulnérabilité financière du pays. Les efforts notés sur la publication des textes de lois de finances ou le suivi des dépenses exécutives ne sauraient masquer ces zones d'ombre budgétaires.
 
L'heure des comptes : Des réformes cash attendues sans délai
 
Pour sortir de la catégorie des élèves passables et rejoindre le cercle des nations transparentes, le gouvernement sénégalais n'a plus d'autre choix que d'appliquer des corrections structurelles immédiates. Le Département d'État exige une révision profonde de la présentation budgétaire, imposant la publication intégrale et individualisée des ressources allouées à chaque entreprise publique, de leurs recettes effectives et de l'état exact de leur endettement sur des plateformes accessibles à tous. La diplomatie du chiffre ne tolère plus les demi-mesures : le Sénégal doit impérativement purger son système budgétaire de ses zones d'opacité s'il veut restaurer pleinement sa crédibilité financière internationale.
 
Samba THIAM et
Cheikh Ahmadou Ben Kane
(correspondant permanent aux Usa)
 
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