Dans sa communication, le Premier ministre a dressé un état des lieux offensif de l’action gouvernementale. Entre mobilisation citoyenne de la jeunesse et refondation du système éducatif autour des sciences et des technologies, Ousmane Sonko affiche une ambition claire, transformer en profondeur le capital humain sénégalais.
Prenant la parole, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de faire de la jeunesse un acteur central de la construction nationale. Pour le Premier ministre, «le développement ne saurait se limiter aux performances économiques». Il repose également sur «la qualité du capital humain et la solidité des valeurs civiques». Sonko a également évoqué des actions de sensibilisation à grande échelle, comme les tournées sur la citoyenneté active et les vacances agricoles citoyennes, destinées à reconnecter la jeunesse aux enjeux de production et de souveraineté.
Une tournée nationale dans les universités
Dans une démarche participative, le Premier ministre a annoncé «l’organisation prochaine d’une tournée nationale des universités. Cette initiative vise à établir un dialogue direct avec les acteurs de l’enseignement supérieur et à recueillir leurs propositions».
Une nouvelle architecture du volontariat en préparation
Au-delà des initiatives existantes, Sonko a insisté sur «le renforcement de l’éducation civique dans les curricula scolaires, ainsi que sur l’élaboration d’un cadre national de concertation sur le civisme et la citoyenneté active». Évoquant la refondation des filières Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques, il a pointé une inadéquation «structurelle» entre le système éducatif et les besoins de l’économie. Les chiffres du baccalauréat 2025 parlent d’eux-mêmes, «sur plus de 77.000 admis, seuls 15.888 proviennent des filières scientifiques, contre près de 60.000 dans les séries littéraires. Plus préoccupant encore, certaines académies comme Kaffrine, Louga, Matam ou Sédhiou n’ont présenté aucun candidat au bac technique», informe le communiqué.
Pour le Premier ministre, cette situation constitue un frein majeur à la transformation du pays, alors même que les besoins en techniciens, ingénieurs et chercheurs ne cessent de croître dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’énergie, la santé ou les mines.
Face à ce constat, Ousmane Sonko a demandé «une révision profonde des mécanismes d’orientation scolaire afin de mieux valoriser les filières scientifiques dès le secondaire». Dans le même temps, il a instruit les autorités en charge de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle de restructurer l’offre de formation pour l’aligner sur les priorités de l’Agenda national de Transformation. «C’est de faire passer le taux de candidats dans les filières techniques de 2,07% à au moins 15% d’ici cinq ans. Une ambition qui implique une refonte globale du système, de l’orientation à l’insertion professionnelle». Le développement des classes préparatoires aux grandes écoles figure également parmi les priorités, afin de renforcer l’excellence académique et la compétitivité des étudiants sénégalais.
Fatou DIOP