TOURNOI DU DRAPEAU DU CHEF DE L'ÉTAT : Quand la tradition forge l'avenir de la lutte sénégalaise




 
L’Arène nationale de Pikine est devenue le centre névralgique du sport national à l'occasion de la 26ᵉ édition du Tournoi du Drapeau du chef de l’État. Du 23 au 25 juillet, les 14 régions du Sénégal se disputent le prestigieux trophée dans un événement phare de lutte traditionnelle sans frappe (Mbapat), rythmé cette année par des innovations majeures et des enjeux stratégiques.
 
Un retour symbolique dans la capitale
 
Vingt-trois ans après la dernière édition organisée sur ses terres, la région de Dakar retrouve son statut d’hôte pour cette grande messe sportive et culturelle. Sur le carré de sable de l'Arène nationale, la tension est palpable : l'équipe de Kaolack, sacrée championne par équipe lors de l’édition précédente à Ziguinchor, remet officiellement sa couronne en jeu.
Face aux tenants du titre, les 13 autres ligues régionales ont dépêché leurs meilleurs espoirs. La compétition par équipe promet des affrontements intenses, particulièrement dans la très relevée Poule D qui rassemble les formations de Fatick, Matam, Saint-Louis et Louga. Portée par son public, la délégation de Dakar espère tirer parti de l'avantage du terrain pour décrocher un sacre à domicile.
 
Des réformes d'envergure orientées vers Dakar 2026
 
Sous la conduite de la Fédération sénégalaise de lutte (Fsl), présidée par Bira Sène, cette 26ᵉ édition marque un virage structurel majeur pour la discipline à travers deux décisions clés :
L'ouverture obligatoire aux lutteuses : Dans la perspective directe des prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj Dakar 2026), la Fsl a imposé à chaque délégation régionale d'intégrer au moins trois lutteuses dans son effectif. Cette décision historique vise à susciter des vocations et à structurer la pratique féminine à l'échelle nationale.
La professionnalisation de l'accès : Afin de rentabiliser l'événement et de répondre aux exigences de gestion moderne, une billetterie payante a été instaurée : 1000 F Cfa pour les journées éliminatoires et 2000 F Cfa pour la grande journée finale.
 
Réorganisation logistique et ferveur populaire
 
L'organisation de cette édition a également été marquée par une clarification de la gouvernance. À la suite de concertations entre l'instance fédérale et la Ligue régionale de Dakar, la FSL a pris en charge l'intégralité de la gestion matérielle et financière du tournoi, permettant à la Ligue locale de se focaliser exclusivement sur la préparation et la performance de ses athlètes.
"Ce tournoi ne se contente pas de célébrer notre patrimoine culturel ; il constitue le vivier où se détectent les futurs champions qui porteront les couleurs nationales lors des plus grandes échéances continentales et internationales."
Au-delà de l'enjeu sportif et des trophées individuels décernés par catégorie de poids, le Tournoi du Drapeau du chef de l'État demeure une fête de l'unité nationale, où l'esprit du Jom et de la Téranga s'exprime dans toute sa splendeur à travers les chants, les danses et la rigueur des combats.
 
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LES ECHOS

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