Le président du mouvement Agir a suspendu le temps de grâce qu’il a accordé au régime de Diomaye Faye. Face à la presse, Thierno Bocoum s’est défoulé sur le Premier ministre Ousmane Sonko qu’il accuse d'avoir commis que des bourdes depuis sa nomination. Et pour contrer ce régime, l’ancien parlementaire a invité toute l’opposition à faire bloc pour créer un contre-pouvoir.
Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, qui fait sa première sortie publique depuis l’installation de ce régime de Bassirou Diomaye Faye, n'a pas ménagé le Premier ministre Ousmane Sonko. Face à la presse hier, Thierno Bocoum a commencé par l’occupation du littoral, nouveau cheval des tenants du pouvoir : «l'hôtel Azalai est dans le domaine public maritime. Cet hôtel a été construit sur 7000 mètres carrés sur le littoral ! Qu'ils nous disent comment cela est possible ? C’est un hôtel qui appartient à un ami du Premier ministre Ousmane Sonko. Nous lui demandons de régler ce cas avant d’ouvrir un autre front», dénonce l’ancien député.
Et pour faire face à ce régime et son Premier ministre ‘’qui se croit tout permis’’, il appelle toute l’opposition à faire bloc autour de l’essentiel et des législatives à venir. «Nous appelons toute l’opposition à faire bloc contre ce régime. Nous les invitons à se mobiliser pour préparer les législatives à venir. Il faut un contre-pouvoir dans ce pays. J’invite aussi au respect des libertés de tout un chacun» appelle-t-il.
«Le jour où Sonko fera sa DPG hors de l'Assemblée, on constatera un coup d’Etat civil»
Sur le débat sur la Déclaration de politique générale, Thierno Bocoum estime que le Premier ministre a manqué de respect au parlement. «C’est une exigence constitutionnelle. Il n’a pas droit à donner d’ultimatum. Si les députés l’acceptent, ils méritent d’être délogés de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre n’a pas d’injonction à donner aux députés. Le jour où Ousmane Sonko fera sa DPG hors de l'Assemblée nationale, on constatera un coup d’Etat civil et on considérera qu'il n'est plus le Premier ministre», assure Bocoum. Selon qui Ousmane Sonko n’a pas l’étoffe et les capacités d’un Premier ministre. «Toute la nation l'attend sur les grands défis, mais malheureusement, il a ouvert des fronts partout contre lui. Il n’aime pas la contradiction. C’est pourquoi il veut se substituer au parlement pour faire sa DPG dans la rue», regrette-t-il.
Très en verve, Thierno Bocoum regrette : «les propos tenus contre la justice sont à dénoncer. Les menaces contre les journalistes sont scandaleuses. Il doit comprendre qu’il n’est pas juge et qu’il doit laisser la justice libre. Qu’il n’oublie pas qu’il a un dossier pendant devant la justice. Qu’il nous dise aussi s’il a reçu un SMS du ministre de la Justice sur ce dossier et consorts», peste le président de Agir.
Il n’a pas épargné le président de la République. L’ancien parlementaire demande au chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye de se déterminer par rapport à son Premier ministre. «Nous demandons au Président Bassirou Diomaye Faye à jouer pleinement son rôle de président de la République sans quoi, qu’il nous dise qu’il est le Président auprès du Premier ministre. Qu’il assume l’une et il aura la réponse de notre part qui sied», conclut M. Bocoum.
Baye Modou SARR