Thierno Alassane Sall est d’avis que la société et l’Etat n’ont pas tiré les conséquences de la tragédie du Joola pour bâtir un État résilient et protecteur de ses citoyens. Il en veut pour preuve les « mini-Joola » dans l'Atlantique, les immeubles qui s'effondrent, les accidents de la route. « Diriger un État exige de la hauteur, une vigilance de tous les instants et le sens du devoir envers ceux qui vous ont confié leur destin. Incompétence et insouciance, quand on enchaîne les sessions extraordinaires de l'Assemblée au point d'en faire une banalité. Incompétence et insouciance, quand on transforme le Palais en permanence politique, occupé à débaucher des maires, au lieu d'en faire le centre de commandement de la lutte contre la pauvreté et le chômage », déplore le député. Interpellé sur le respect du calendrier républicain, Thierno Alassane Sall estime que le président de la République a violé un code d’honneur : celui du contrat de bail avec le peuple. C’est un principe intangible. Le mandant des maires est de 5 ans, mais se désole de constater qu’il peut en faire 6 ans. Or, le député est persuadé que si le chef de l’Etat était dans l’opposition, il serait le premier à élever la voix pour dénoncer le non-respect du calendrier républicain. Tout cela, dit-il, relève de manœuvres politiques pour faire rallier les maires de l’opposition avant d’engager les élections. S’agissant de la dissolution annoncée de l’Assemblée nationale, même s’il estime que c’est une Assemblée de dictature, sa dissolution relèverait plus d’une question politique. Dans cette démarche, il estime que si le président de la République n’obtient pas la majorité au terme de ces élections, il doit, dit-il, démissionner et organiser des élections présidentielles anticipées.
M.C