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TENTATIVE D’HOMICIDE : Un commerçant de nationalité guinéenne risque la perpétuité pour avoir poignardé son compatriote




 
 
 
Accusé de tentative d’homicide sur Boubacar Diallo, à la suite d’une altercation survenue en 2022, Youssou Diallo reconnaît avoir porté un coup à la victime, mais conteste avoir eu l’intention de la tuer. Le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que la défense plaide la requalification des faits en coups et blessures volontaires. Le verdict est attendu le 6 octobre 2026.
 
Né en 1997 à Conakry, Youssou Diallo comparaissait hier, mardi, 29 septembre devant la chambre criminelle de Dakar pour répondre de faits de tentative d’homicide sur Boubacar Diallo, survenus en 2022. À l’audience, l’accusé a reconnu avoir blessé la victime, tout en soutenant qu’il n’avait pas l’intention de lui donner la mort.
Selon son récit, Boubacar Diallo s’était présenté dans son commerce sans intention d’y effectuer un achat. Il affirme lui avoir demandé de quitter les lieux, avant qu’un échange de propos ne dégénère en bagarre.
"Il m’a donné un coup et j’ai répliqué", a expliqué Youssou Diallo devant la chambre criminelle de Dakar où il a été jugé hier, mardi 29 septembre 2026. Il soutient que c’est lorsque la victime l’a empoigné qu’il a saisi un morceau de verre provenant d’une vitrine cassée et l’a utilisé pour se dégager. Il affirme ne pas pouvoir préciser à quel endroit il a porté le coup.
À l’audience, le juge a rappelé les déclarations attribuées à Mamadou Mbaye, présenté comme témoin des faits. Selon ce témoignage, après une première bagarre, l’accusé aurait saisi un couteau avant de poignarder la victime. Le témoin aurait ensuite accompagné Youssou Diallo devant les enquêteurs.
Lors de l’enquête, l'accusé avait déjà reconnu une première altercation au cours de laquelle il avait porté un coup à Boubacar Diallo. "Je n'avais pas l'intention de le poignarder", avait-il déclaré.
Youssou Diallo maintient que la victime était venue dans son commerce pour le menacer et non pour acheter. Il affirme également que Boubacar Diallo avait porté le premier coup de poing. Il présente par ailleurs la victime comme un apprenti.
Boubacar Diallo, absent à la barre, n’a pas pu être entendu dans le cadre du procès. D’après les éléments rappelés par le juge, il aurait été insulté par l’accusé avant d’être poignardé au cours de la bagarre. Son état de santé, après les faits, n’aurait pas permis son audition : il avait été admis en soins intensifs et en réanimation à l'hôpital Philippe Maguilène Senghor.
Dans son réquisitoire, le procureur a soutenu que les deux hommes avaient été séparés une première fois par des témoins, avant que Youssou Diallo ne se saisisse d’un couteau et porte un coup au thorax de la victime.
Pour le ministère public, les circonstances démontrent une intention criminelle. "Il est clair et évident que le couteau est une arme létale de nature à donner la mort", a déclaré le procureur, insistant sur le fait que le coup avait atteint le thorax, une zone vitale.
Le parquet estime ainsi que les faits constituent une tentative de meurtre et a requis la culpabilité de l’accusé ainsi que sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les avocats de la défense rejettent cette qualification criminelle. Pour sa part, Me Youssou Camara soutient que son client se trouvait dans la boutique de son père et la victime l’aurait menacé avant qu'une bagarre n'éclate. Selon l’avocat, Youssou Diallo aurait saisi des débris de verre provenant d’une vitrine cassée pour se dégager de l’emprise de son adversaire. Pour lui, l’intention de tuer n’est pas établie.
Me Youssou Camara rappelle également que son client avait initialement été poursuivi pour meurtre, avant que la procédure n’évolue. Il demande que les faits soient requalifiés en coups et blessures volontaires. Il sollicite une peine de 2 ans, faisant valoir que son client a déjà passé 4 années en détention provisoire.
Me Babacar Mbaye, pour sa part, a évoqué une autre lecture de la scène. Selon lui, les deux jeunes hommes, tous deux Guinéens, étaient des connaissances qui prenaient le thé ensemble. L’avocat affirme qu’une étagère serait tombée, entraînant la casse des vitres, avant que la situation ne dégénère. Il a plaidé la clémence.
À la fin des débats, le tribunal a fixé le délibéré au 6 octobre 2026.
 
Fatou D. DIONE
 
 
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