Dans un communiqué publié hier, les Amazones de la coalition Diomaye Président dénoncent avec vigueur les « dérives verbales » visant le Président Bassirou Diomaye Faye. Elles appellent à la responsabilité des acteurs politiques et invitent le procureur de la République à se saisir de ces faits.
La tension politique monte d’un cran au Sénégal. Dans un contexte marqué par des échanges de plus en plus virulents sur la scène publique, les Amazones de la coalition Diomaye Président ont décidé de sortir de leur réserve. Dans un communiqué rendu public le 7 mars 2026 à Dakar, elles expriment leur « vive indignation » face aux attaques dirigées contre le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Dans un ton ferme, sans équivoque, ces militantes engagées dénoncent des « attaques personnelles », des « propos irrespectueux » et des « dérives verbales » qu’elles jugent contraires aux principes républicains. Pour elles, la fonction présidentielle, au-delà de la personne qui l’incarne, doit être protégée et respectée en toutes circonstances.
« Le président de la République incarne l’unité nationale et la continuité de l’État. À ce titre, il doit être respecté en toutes circonstances », soulignent-elles, insistant sur le fait que les divergences politiques, aussi profondes soient-elles, ne sauraient justifier « les insultes » ni « les discours à caractère anti-républicain ».
Dans leur déclaration, les Amazones pointent directement du doigt certains acteurs de la vie publique. Elles accusent « certains leaders, responsables et militants » de porter atteinte à la dignité de l’institution présidentielle, estimant que ces comportements fragilisent les fondements mêmes de la République sénégalaise.
Au-delà de la dénonciation, le communiqué prend une tournure offensive. Les signataires avertissent qu’elles « feront face à toute tentative de déstabilisation, de discrédit ou d’atteinte à l’honneur du président de la République ». Une posture de fermeté assumée, qui traduit la volonté de défendre activement le pouvoir en place face à ce qu’elles perçoivent comme des attaques répétées.
Dans la même veine, les Amazones appellent à un sursaut de responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels. Ministres, directeurs généraux, députés et militants sont invités à faire preuve de « retenue » et de « respect » envers le chef de l’État. Une exhortation qui sonne comme un rappel à l’ordre dans un climat politique de plus en plus polarisé.
Mais c’est surtout l’appel adressé au procureur de la République qui retient l’attention. Les Amazones demandent explicitement à la justice de « s’auto-saisir » face à ces « dérives discursives » qu’elles jugent de nature à « menacer la cohésion nationale » et à « troubler l’ordre public ». Une prise de position qui pose, en filigrane, la question sensible de la régulation de la parole publique dans un État de droit.
Car derrière cette sortie médiatique, c’est bien l’équilibre entre liberté d’expression et respect des institutions qui se trouve interrogé. Les Amazones prennent soin de rappeler que « le Sénégal demeure un État de droit où la liberté d’expression s’exerce dans le respect des institutions et des valeurs républicaines ». Une formulation qui vise à cadrer le débat sans pour autant nier les libertés fondamentales.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les discours politiques, notamment sur les réseaux sociaux et dans l’espace public, se durcissent sensiblement. Entre critiques acerbes, invectives et accusations mutuelles, le débat démocratique semble parfois céder le pas à une confrontation verbale exacerbée.
Une chose est pour le moins sûre, en réaffirmant leur « engagement à défendre les institutions, la stabilité et le respect des autorités légitimes », les Amazones de la coalition Diomaye Président s’inscrivent clairement dans une logique de consolidation du pouvoir en place.
Sidy Djimby NDAO