Le chef de l’État sénégalais hausse le ton sur le dossier des supporters détenus au Maroc après la finale de la Can. Il assure que Dakar a épuisé tous les leviers possibles, tout en appelant à une issue apaisée entre deux pays liés par une coopération historique.
Face à la presse, ce samedi, Bassirou Diomaye Faye a longuement évoqué la situation des supporters sénégalais toujours détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Un dossier sensible, devenu à la fois judiciaire et diplomatique.
Le Président sénégalais rejette toute idée d’inaction de l’État. « Ce serait une erreur de penser qu’on n’en a pas assez fait », a-t-il insisté, rappelant les efforts engagés à tous les niveaux. Assistance juridique avec le recrutement d’un avocat, mobilisation diplomatique via la représentation sénégalaise, médiations multiples… Dakar affirme avoir activé tous les canaux possibles.
Une décision marocaine qui surprend
Dans son intervention, le chef de l’État a également pointé une évolution inattendue du dossier. Alors que les autorités sénégalaises avaient choisi de ne pas faire appel après la condamnation, dans un souci d’apaisement, c’est la partie marocaine qui a décidé de relancer la procédure judiciaire.
Une décision qui prolonge l’affaire et complique davantage les démarches entreprises pour obtenir une issue rapide. « On a essayé de faire en sorte qu’ils ne se fassent pas condamner », a-t-il rappelé, tout en soulignant le caractère « sévère et injuste » des peines prononcées, inhabituelles selon lui dans ce type de dossier sportif.
L’appel à la grâce royale
Au-delà du cadre judiciaire, Bassirou Diomaye Faye a révélé avoir saisi directement Mohammed VI, saluant au passage l’organisation globale de la Can et la qualité de l’accueil réservé aux Sénégalais. Dans cette correspondance, il a formulé une demande claire : la grâce royale pour les supporters condamnés. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté de préserver les relations historiques et stratégiques entre le Sénégal et le Maroc.
Mais, face à l’absence d’évolution favorable, le Président sénégalais s’interroge publiquement : « qu’est-ce que nous n’avons pas fait ? S’il reste autre chose à faire, qu’ils nous le disent. »
Un message direct, qui traduit à la fois la frustration de Dakar et sa volonté d’aboutir rapidement à la libération de ses ressortissants, sans compromettre l’équilibre diplomatique entre les deux nations.
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