La Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) a décidé de défendre les travailleurs d’Aibd SA. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation syndicale dénonce des revendications restées sans réponses satisfaisantes, malgré près de deux années de dialogue, et réclame des mesures concrètes sur les droits syndicaux, les salaires, la protection sociale, l’emploi et la gouvernance de l’entreprise.
La Csa apporte son « soutien plein et entier » aux travailleurs et à leurs organisations syndicales, Stds-Aibd et Synatracs, engagés dans la défense de leurs droits et pour davantage d’équité, de transparence et de responsabilité dans la gestion de l’entreprise. Pour la centrale syndicale, le dialogue social ne peut plus se limiter à une succession de réunions sans décisions. « Plusieurs préoccupations essentielles demeurent sans réponse satisfaisante », déplore son Sg qui estime que « le dialogue doit déboucher sur des engagements précis et des solutions concrètes ».
Des élections syndicales réclamées
Parmi les principales revendications figure « l’organisation des élections des délégués du personnel ». La CSA rappelle « qu’aucune élection n’a été organisée depuis 2018, alors que les mandats précédents ont expiré en 2021. Une situation jugée incompatible avec le plein exercice du droit des travailleurs à disposer d’une représentation légitime ». La centrale syndicale réclame l’harmonisation des situations statutaires et salariales. « La coexistence de deux régimes conventionnels au sein d’AIBD SA serait à l’origine de disparités qui, selon la CSA, doivent être corrigées avec diligence, transparence et responsabilité ». La généralisation de la retraite complémentaire et la fin des situations jugées discriminatoires, notamment en matière d’affectation, sont également mises sur la table.
Autre sujet de préoccupation, la politique de l’emploi. La Csa dénonce « la libération de nombreux CDD et prestataires alors que certains secteurs souffrent d’un déficit d’effectifs et que de nouveaux recrutements seraient parallèlement effectués ». Pour Élimane Diouf, « la gestion des ressources humaines doit reposer sur des critères transparents et objectifs avec les besoins réels de l’entreprise, compétence, expérience et mérite ». La situation des contrôleurs de la circulation aérienne et des pompiers d’aérodrome est également pointée du doigt. La Csa juge incompréhensible que des agents formés pour répondre aux besoins d’AIBD SA soient empêchés d’exercer leurs fonctions ou maintenus dans l’incertitude concernant leur recrutement et leur affectation.
La Csa estime que toute restructuration doit être précédée d’une véritable concertation avec les représentants des travailleurs et « ne saurait constituer un instrument de règlement de comptes ». La centrale appelle aussi au respect des engagements pris envers les personnes affectées par le projet de construction de l’aéroport et auxquelles un emploi au sein d’Aibd SA avait été garanti.
Au-delà des questions sociales, la Csa demande de visibilité sur des projets tels que le MRO, Aerocity, les aéroports de Ourossogui, Podor et Kédougou, la réouverture de l’aéroport de Saint-Louis ou encore le développement de l’activité commerciale à Yoff.
La centrale syndicale appelle ainsi la Direction générale et les autorités de tutelle à renouer rapidement avec un dialogue social « constructif » et à apporter des réponses précises aux revendications. Elle réaffirme enfin sa solidarité avec les travailleurs d’AIBD SA et promet de rester mobilisée pour la défense de leurs emplois, de leurs droits et de leurs intérêts légitimes.
Fatou DIOP