La Faculté de médecine de Dakar est en ébullition. Hier, mardi 10 février, le président de l’Amicale des étudiants, Cheikh Atab Sagna, a été interpellé par les forces de l’ordre. Ses camarades dénoncent une tentative de les faire taire après le meurtre de l’étudiant Abdoulaye Ba.
Rien ne va plus à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Alors que les étudiants sont encore en deuil après la mort brutale de leur condisciple Abdoulaye Ba, un nouveau cap a été franchi dans la crise. Dans un communiqué publié d’urgence hier, l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (Fmpo) a annoncé l’arrestation de son leader, Cheikh Atab Sagna. Tout a commencé dans la matinée du mardi. L’Amicale avait prévu de tenir une conférence de presse pour s’exprimer sur la situation actuelle et réclamer justice. Mais, selon les représentants des étudiants, les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher cette rencontre avec les journalistes. Dans la foulée, le président de l’Amicale a été arrêté et emmené par les autorités. Pour les étudiants, cet acte est une provocation de trop. Ils accusent les forces de sécurité de vouloir «faire taire toutes les voix» qui s’élèvent pour dénoncer l’insécurité et l’injustice.
L’Amicale réclame justice
Le collectif des anciens membres de l’Amicale s’est joint aux étudiants actuels pour exprimer sa colère. Ils qualifient cette arrestation d’«abus de pouvoir» contre une jeunesse qui représente l’avenir du pays. Dans leur communiqué, ils exigent la libération immédiate et sans condition de Cheikh Atab Sagna et de tous les autres étudiants qui ont été arrêtés avec lui. Malgré la colère, les responsables de la faculté disent vouloir rester dans une «lutte pacifique et responsable». Ils affirment qu’ils ne reculeront pas devant l’intimidation et demandent que la liberté de s’organiser et de s’exprimer soit respectée dans l’espace universitaire.
Pour le moment, le calme est précaire sur le campus et tout le monde attend de savoir quelles seront les prochaines décisions des autorités concernant le sort des 120 étudiants détenus.
S. THIAM