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TENSION À L’ASSEMBLEE NATIONALE : Abdou Mbow lance son offensive judiciaire et traîne son collègue député Ousmane Fall devant le Procureur




 
Le face-à-face musclé entre députés de l’opposition et de la majorité Pastef franchit un nouveau cap. Après les incidents survenus lors de la séance plénière du 30 septembre, Abdou Mbow a saisi le procureur de la République d’une plainte contre son collègue Ousmane Fall. Le député de l’opposition dénonce des violences, voies de fait, menaces et injures, et réclame que la justice tire au clair cette altercation qui illustre, une nouvelle fois, la forte tension qui règne au sein de l’Hémicycle.
 
La bataille politique se poursuit désormais devant les prétoires. Quelques jours après les échauffourées qui ont marqué la séance plénière du 30 septembre 2026, Abdou Mbow a décidé de porter l’affaire devant la justice. L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar accuse le député Ousmane Fall d’avoir franchi les limites du débat politique et d’avoir adopté à son encontre un comportement qu’il qualifie de violent et menaçant.
Dans une plainte adressée au procureur de la République, Abdou Mbow revient en détail sur les incidents survenus au sein de l’Assemblée nationale. Selon son récit, alors qu’il venait de prendre la parole à la tribune pour exposer son point de vue sur la procédure engagée, il a été pris à partie par Ousmane Fall, député de la majorité Pastef. 
 
Des couloirs de l’Assemblée au commissariat
 
Le député affirme que la confrontation ne se serait pas limitée à des échanges verbaux dans l’Hémicycle. Il soutient qu’à sa sortie de la salle, Ousmane Fall l’a intercepté dans les couloirs de l’Assemblée nationale, avant de proférer à son encontre des injures. La situation a alors nécessité l’intervention de gendarmes affectés à la sécurité de l’institution. Mais, toujours selon la plainte, l’intervention des forces de sécurité n’a pas empêché la poursuite de l’incident.
Abdou Mbow affirme ainsi avoir été confronté à des propos et à un comportement qu’il juge particulièrement graves, allant jusqu’à évoquer des faits «calomnieux» et «innommables». 
 
«Une violence inouïe»
 
Dans son offensive judiciaire, Abdou Mbow ne présente pas l’incident comme un simple dérapage isolé. Il évoque au contraire un climat de tensions récurrentes au sein de l’Assemblée nationale.
Dans sa plainte, il rappelle que d’autres députés ont, par le passé, dénoncé des comportements similaires et saisi le président de l’Assemblée nationale. Il cite notamment Mayabé Mbaye et Ababacar Warore.
Pour Abdou Mbow, l’absence de réaction suffisamment ferme a contribué à laisser s’installer un climat de plus en plus tendu entre parlementaires.
Il estime aujourd’hui avoir été confronté à une «violence inouïe» et considère que le recours à la justice est devenu nécessaire pour mettre un terme à ce qu’il décrit comme une succession de comportements agressifs.
La plainte ne s’arrête pas à la dénonciation des faits. Abdou Mbow demande explicitement au procureur de donner une suite judiciaire à son dossier. Il souhaite que les faits dénoncés soient examinés sous l’angle des violences, voies de fait, menaces et injures, et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées si les accusations sont établies. Le député insiste également sur le caractère public et, selon lui, flagrant des faits, afin que la question de l’immunité parlementaire ne constitue pas un obstacle aux poursuites.
Autrement dit, Abdou Mbow ne veut pas que l’affaire soit classée comme une simple altercation entre parlementaires. Il entend lui donner une véritable suite judiciaire.
 
Opposition-majorité : le ton monte d’un cran
 
Au-delà du duel entre les deux députés, cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement électrique à l’Assemblée nationale.
Depuis l’installation de la nouvelle majorité issue de Pastef, les confrontations entre députés du pouvoir et de l’opposition se multiplient. Les débats sur les textes de loi, les procédures parlementaires et la conduite des séances donnent régulièrement lieu à des échanges musclés.
Mais avec cette plainte, la confrontation politique change de terrain. Ce qui se règle habituellement par des invectives à la tribune ou des rappels à l’ordre peut désormais se poursuivre devant les autorités judiciaires. Le conflit entre parlementaires vient de franchir une nouvelle ligne rouge : celle de la justice.
Nd. Kh. D. F
 
LES ECHOS

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