Sécurité nationale, tensions régionales, cyberattaques, stabilité démocratique et processus électoral : Diomaye prend les conseils de Antoine Diome, Ousmane Ngom, Aly Ngouille Ndiaye




 
 
 
En recevant successivement plusieurs anciens ministres de l’Intérieur dans le cadre de la Journée nationale du dialogue, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé l’une des séquences les plus sensibles de ses consultations politiques. Sécurité nationale, tensions régionales, cyberattaques, stabilité démocratique et processus électoral ont été au cœur des échanges avec Antoine Diome, Ousmane Ngom, Aly Ngouille Ndiaye…
 
 
 
Le palais de la République a vécu, ces derniers jours, au rythme d’un ballet politique et institutionnel inédit. Après les anciens Premiers ministres, le chef de l’État a élargi ses consultations aux anciens ministres de l’Intérieur. Diomaye Faye a reçu successivement André Sonko, ancien ministre sous la présidence de Abdou Diouf, puis Ousmane Ngom et Cheikh Tidiane Sy, tous deux anciens titulaires du portefeuille sous le régime de Me Wade. Mais parmi toutes ces audiences, une rencontre a particulièrement retenu l’attention de l’opinion publique et provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux : celle accordée à Antoine Félix Abdoulaye Diome.
 
 
Antoine Diome : «on a eu des échanges en profondeur»
 
 
À sa sortie d’audience, Antoine Félix Abdoulaye Diome a d’ailleurs adopté un ton mesuré, insistant sur le caractère républicain de la rencontre. «J’ai répondu à l’appel de Son Excellence Monsieur le Président de la République, qui m’a convié à échanger avec lui sur des sujets d’intérêt national, notamment sur les questions sécuritaires, en ma qualité d’ancien ministre de l’Intérieur», a déclaré l’ancien patron de la Place Washington. Poursuivant ses explications, il a indiqué avoir «partagé avec le chef de l’État un certain nombre de points de vue adossés sur une analyse globale de la situation régionale mais également internationale, caractérisée quelque part par des tensions».
L’ancien ministre s’est cependant gardé de dévoiler les détails des discussions. «Les questions sécuritaires, naturellement lorsqu’elles sont sensibles, ne peuvent pas être débattues sur la place publique», a-t-il insisté, avant de préciser, «bien évidemment, on a eu des échanges en profondeur». Selon lui, les discussions ont concerné «tous les aspects de la sécurité (qui) ont été débattus pour voir comment prévenir les menaces protéiformes qui guettent toutes les nations».
 
 
Ousmane Ngom : ««des monologues parallèles ne font pas un dialogue»
 
 
Dans cette même dynamique, Ousmane Ngom a lui aussi livré une analyse approfondie de la situation politique nationale après son audience avec le président de la République. L’ancien ministre a notamment plaidé pour un renforcement du dialogue entre les différentes forces politiques du pays. «Des monologues parallèles ne font pas un dialogue», a-t-il lancé, dans une formule qui a rapidement circulé dans les milieux politiques. Selon lui, «l’absence d’échanges directs entre adversaires politiques freine la construction de compromis durables et peut fragiliser les acquis démocratiques du Sénégal». Pour appuyer son propos, il a rappelé plusieurs précédents historiques. «En 1988, 1991 et 1993, le dialogue avait permis de dépasser des moments de crise et de préserver la cohésion nationale», a-t-il rappelé, invitant les acteurs politiques actuels à s’inspirer de ces expériences.
L’ancien ministre a également salué le format des consultations initiées par le chef de l’État. À ses yeux, «les audiences restreintes permettent une parole plus libre et une écoute plus approfondie, loin des postures publiques habituelles. Tous les responsables politiques doivent répondre à ces invitations, exprimer leurs critiques, mais également faire des propositions au nom de l’intérêt supérieur de la nation», a-t-il soutenu. Dans son intervention, Ousmane Ngom a également évoqué la méthode de gouvernance de Me Wade. Il a décrit l’ancien président comme «un dirigeant pragmatique privilégiant l’écoute et la flexibilité», capable de modifier certaines positions pour préserver la stabilité de l’État.
Pour lui, «la période actuelle impose une responsabilité collective» afin de maintenir vivante la tradition sénégalaise de concertation politique et éviter toute crispation.
 
 
Aly Ngouille Ndiaye : «nous avons beaucoup de soucis sur le plan sécuritaire»
 
 
Autre voix entendue lors de ces consultations, celle de Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre sous le régime de Macky Sall. Reçu par le président Faye, il a alerté sur plusieurs défis sécuritaires auxquels le Sénégal est confronté. «Nous avons beaucoup de soucis sur le plan sécuritaire», a-t-il déclaré à sa sortie d’audience. L’ancien ministre a évoqué les problématiques liées à la sécurité des frontières, au vol de bétail dans certaines zones rurales, mais aussi à la protection des installations pétrolières et gazières stratégiques du pays. Il a également attiré l’attention sur les cyberattaques qui visent depuis plusieurs mois certaines infrastructures sensibles de l’État sénégalais. «Nous avons parlé des attaques informatiques qui touchent certaines structures publiques», a-t-il indiqué, faisant. Pour Aly Ngouille Ndiaye, «ces nouvelles menaces imposent un renforcement des dispositifs de cybersécurité et une adaptation constante des stratégies nationales de défense».
 
 
Fatou DIOP
 
 
LES ECHOS

Dans la même rubrique :