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SUR PLAINTE DU COLLECTIF "AND SAMM JIKKO YI" : Ndèye Leïla Sow condamnée à 1 mois de prison ferme et à 500.000 F Cfa d’amende




 
 
 
 
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a déclaré coupable, hier, lundi 26 octobre 2026, Ndèye Leïla Sow, présidente de l’Union pour le progrès et le renouveau du Sénégal. Poursuivie à la suite d’une plainte du collectif "And Samm Jikko Yi" pour des propos tenus lors d’une émission télévisée, elle a été condamnée à 6 mois d’emprisonnement, dont 1 mois ferme, et à une amende de 500.000 F Cfa.
 
 
 
 
 
 
 
 À l’audience des flagrants délits, hier lundi, la responsable politique a défendu ses déclarations, qu’elle inscrit dans le cadre du débat politique sur l’homosexualité. À cet effet, Ndèye Leïla Sow a contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a expliqué que ses déclarations s’inscrivaient dans un débat sur l’homosexualité et relevaient de son engagement politique. "Je suis souvent invitée dans les émissions télévisées", a-t-elle déclaré, avant de revenir sur le contexte de l’émission incriminée. Elle affirme avoir reproché à certains membres du collectif And Samm Jikko Yi d’avoir induit l’opinion publique en erreur en accusant l’ancien président Macky Sall de défendre un agenda favorable à l’homosexualité.
Selon la prévenue, ces acteurs avaient promis de faire de la criminalisation de l’homosexualité une priorité et avaient sollicité les khalifes généraux. Elle estime toutefois que, depuis le changement de régime, aucun progrès n’a été réalisé sur cette question. C’est dans ce contexte qu’elle dit avoir dénoncé ce qu’elle considère comme un mensonge.
La vidéo au cœur de la procédure a été diffusée à l’audience. Dans la séquence présentée au tribunal, la responsable politique tient notamment des propos virulents : "ay Sagaru Imam lanu (…) Ils sont des menteurs, des bandits..."
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a jugé les propos suffisamment graves pour susciter l’indignation. Il a également estimé que leur nature aurait pu justifier la constitution de partie civile de tout Sénégalais. Le ministère public a ainsi requis 6 mois d’emprisonnement, dont 1 mois ferme, assortis d’une amende de 500.000 F Cfa. D'autre part, le collectif "And Samm Jikko Yi", à l’origine de la plainte, n’a pas comparu à l’audience.
Les conseils de Ndèye Leïla Sow ont quant à eux plaidé la liberté d’expression et contesté la qualification des infractions retenues contre leur cliente.
Me Djiby Diallo s’est interrogé sur la réaction du parquet face à d’autres déclarations publiques visant des Khalifes généraux ou le président de la République. Selon lui, un nouveau leadership politique chercherait à entraîner ses adversaires dans une dynamique négative. De son côté, Me Aboubacry Barro a dénoncé ce qu’il considère comme une application sélective de la loi. Il a notamment évoqué des déclarations attribuées à Ousmane Sonko concernant de l’argent qui aurait été distribué à Touba, demandant pourquoi le parquet n’avait pas réagi de la même manière. L’avocat a également contesté la qualité du collectif "And Samm Jikko Yi" pour engager cette procédure. Il a soutenu que sa cliente commentait des images sans désigner nommément des personnes et a demandé, à titre principal, que les fins de la poursuite soient déclarées et, à défaut, que sa cliente soit purement et simplement relaxée.
Me Aboubacry Barro a par ailleurs affirmé que sa cliente était victime de lobbys qui, selon lui, n’osaient pas comparaître devant le tribunal. Défendant le sens de ses propos, il a déclaré : "un imam qui ment est un sagaru imam. J’assume mes propos". L’avocat a rejeté toute volonté de diaboliser les déclarations de sa cliente.
À l’issue des débats, le tribunal a déclaré Ndèye Leïla Sow coupable et l’a condamnée à 6 mois de prison, dont 1 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500.000 F Cfa.
 
Fatou D. DIONE
 
LES ECHOS

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