En déplacement à Ziguinchor à l’occasion de la prière de la Korité, le Premier ministre a affiché une ligne claire. C’est de consolider la paix en Casamance tout en accélérant les projets structurants comme la réhabilitation de l’aéroport et la reconstruction du pont Émile Badiane.
Devant la presse, au sortir de la prière de l’Aïd el-Fitr, le chef du gouvernement a d’abord rendu hommage aux soldats récemment tombés dans la région, avant de lancer un appel appuyé à la préservation de la paix. Revenant sur la situation en Casamance, le Premier ministre a défendu une approche mêlant dialogue et fermeté. Selon lui, «la nature du conflit a profondément évolué. Ce n’est plus une affaire d’indépendance», a-t-il affirmé, estimant que «les violences résiduelles sont désormais largement liées à des activités illicites, notamment la culture de cannabis». Sonko d’ajouter : «j’assume que se sont mes parents qui sont dans la brousse».
Une déclaration qui tranche avec des décennies de discours centrés sur les revendications politiques du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc). Pour Ousmane Sonko, «les opérations menées par l’armée visent les réseaux criminels que des groupes porteurs d’un projet indépendantiste structuré. Ce sont les plantations et la commercialisation de chanvre indien que l’armée a pour mission de démanteler».
«Aucun centimètre ne sera une zone d’exception»
Le chef du gouvernement a également réaffirmé un principe qu’il juge non négociable : l’intégrité du territoire national. «Aucun centimètre du Sénégal ne constituera une zone d’exception», a-t-il martelé, soulignant que «les forces de défense poursuivront les opérations de sécurisation, notamment contre les cultures illicites».
L’aéroport de Ziguinchor bientôt opérationnel
Sur le volet du développement, le Premier ministre a annoncé la fin imminente des travaux de rénovation de l’aéroport de Ziguinchor. «L’infrastructure devrait être remise en service au plus tard le 30 avril prochain. La réouverture de l’aéroport est particulièrement attendue, dans une région où la mobilité constitue un enjeu économique majeur. Il sera ouvert avant le 30 avril prochain».
Le pont Emile Badiane, priorité stratégique
Autre dossier majeur évoqué, la reconstruction du pont Émile Badiane. Face aux incertitudes liées aux financements extérieurs, notamment dans un contexte de discussions avec le Fonds monétaire international (Fmi), Ousmane Sonko a affiché une doctrine claire, «avancer avec les moyens internes. Avec ou sans partenaires, nous pouvons commencer. Les Chinois, depuis la problématique de la dette, ont préféré reculer, le temps que cette question avec le Fmi soit réglée. Mais nous ne les attendons pas, car nous avons inscrit des crédits dans le budget de 2026 pour entamer les travaux», a-t-il assuré.
Fatou DIOP