Le soutien affiché par le Président Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations-Unies continue de provoquer une onde de choc. Cette fois, ce sont les victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 et les familles des personnes décédées qui montent au créneau, dénonçant une décision qu'elles jugent incompréhensible, voire contraire aux promesses de rupture portées par les nouvelles autorités.
Dans un communiqué publié ce lundi, le Collectif des victimes du régime de Macky Sall dit exprimer sa « profonde incompréhension » et sa « vive préoccupation » face à un soutien qui, selon lui, ne peut effacer les souffrances endurées ni reléguer au second plan les exigences de vérité, de justice et de réparation. L'organisation, dirigée par Boubacar Sèye, rappelle que les nombreuses allégations de violations des droits humains, les pertes en vies humaines, les arrestations arbitraires, les détentions et les actes de torture présumés doivent être examinés par les juridictions et les institutions compétentes. Pour le collectif, aucune ambition diplomatique ne saurait primer sur le devoir de rendre justice aux victimes et à leurs familles.
Le Collectif des familles de martyrs hausse encore le ton. Dans une déclaration au vitriol, il estime que soutenir la candidature de Macky Sall revient à « s'allier à celui qui a réprimé dans le sang » des citoyens exerçant, selon lui, des droits garantis par la Constitution et les conventions internationales. Une telle position, affirme-t-il, risque de banaliser les violences passées et d'envoyer un signal de renoncement à ceux qui attendent toujours que les responsabilités soient établies.
Tout en précisant que leur combat n'est dirigé contre aucune personne, les deux organisations insistent sur le caractère moral et républicain de leur démarche. Elles appellent les autorités à préserver l'indépendance de la justice et à veiller à ce qu'aucune considération politique ou diplomatique ne fasse obstacle à la manifestation de la vérité.
Fatou DIOP