Ouf de soulagement pour Dr Cheikh Dieng, sa famille et ses proches. L’ancien Directeur de l’Onas, qui a été viré après trois mois seulement à la tête de la société d’assainissement, a gagné son procès contre les deux sociétés Vicas et Delta qu’il avait nommément citées pour expliquer les raisons de son limogeage. Le leader de Feep Tawfekh est largement revenu sur les péripéties de cette affaire judiciaire qui a failli lui coûter sa liberté, avec des indemnités à hauteur de 6 milliards. Ce dernier dit être fier d’avoir gagné son combat contre ce large système de prédation des ressources publiques et réaffirme son engagement dans la coalition Diomaye Président.
Les sociétés Delta et Vicas avaient engagé contre Dr Cheikh Dieng un procès pour diffamation, calomnie et diffusion de fausses nouvelles, suite aux déclarations lors de sa conférence après son limogeage de la tête de l’Onas. Le tribunal a rendu son verdict hier en les déboutant sur tous les points. Selon le leader de Feep Tawfekh, le droit a triomphé sur la calomnie. «Pendant des mois, ils ont tenté de faire croire à l’opinion que mes déclarations ne reposaient sur rien. Pourtant, chacune de mes prises de position était basée sur des éléments factuels, des documents administratifs, sur des correspondances officielles et sur des rapports internes», assure-t-il.
Revenant sur ses déclarations qui lui ont valu ce long feuilleton judiciaire, Dr Cheikh Dieng soutient que les documents qu’il a présentés lors de son audience ont démontré que les marchés qu’il avait accordés lui-même à deux entreprises étaient attribués dans des conditions régulières et que ces derniers ont été irrégulièrement interrompus pour être attribués à Delta et Vicas. «On m’a accusé aussi d’avoir inventé une entente directe au profit de Delta et Vicas ; or, j’avais en ma possession les documents, le courrier du ministre Cheikh Tidiane Dièye en me contournant. Tous ces éléments de preuves ont été présentés au tribunal. J’ai même présenté au juge les projets de contrats que Cheikh Tidiane Dièye avait préparés et qu’il m’avait demandé de signer. Ce que j’ai refusé naturellement. J’ai démontré que ces deux sociétés, malgré qu’elles avaient capitalisé plus de 60% du volume financier des marchés de l’Onas sur les 3 dernières années, présentaient de sérieuses carences en termes de personnel technique, de capacités», déclare l’ancien Directeur de l’Onas.
«J’ai refusé de verser dans ces pratiques…»
«Je suis un professionnel de ce domaine et j’ai refusé de verser dans ces pratiques qui maintiennent certaines zones du pays dans des inondations catastrophiques. J’avais opté pour redresser la barre en consacrant les ressources allouées dans la lutte contre les inondations pour trouver des solutions définitives».
Bien que le tribunal lui ait donné raison, Cheikh Dieng se demande toujours pourquoi on a utilisé des sociétés pour tenter de réduire un Directeur général en silence. «Il est évident que nous étions dans un procès par procuration. J’avais en face de moi le système de gestion des marchés publics. L’histoire retiendra que j’ai refusé de me taire devant les tentatives de prédation des ressources publiques», fait-il savoir avant de rappeler que Vicas avait demandé la somme de 1 milliard et Delta 5 milliards avec contrainte par corps au maximum. «L’objectif visé était donc de détruire Dr Cheikh Dieng dont le seul tort était de se mettre au Jub jubal Jubanti que prône le Président Bassirou Diomaye Faye», fulmine-t-il.
Pour lui, Dieu est le meilleur juge parce cette cabale contre sa personne avait pour objectif de faire taire une voix dissidente. «Ce combat-là, je ne l’ai pas commencé à Onas. Tous ceux qui me connaissent peuvent témoigner de ma probité dans la gestion des affaires publiques. J’ai été maire de Djiddah Thiaroye Kao et personne ne peut m’incriminer pour quoi que ce soit. Ce combat contre les lobbys et toutes les formes d’influence destinées à capter les ressources publiques a porté ses fruits à travers ce verdict», indique le leader de Feep Tawfekh.
Poursuivant, l’ancien maire de Djiddah Thiaroye Kao affirme avoir enduré dans la dignité cette épreuve. «C’était un épisode extrêmement douloureux pour moi, ma famille, mes proches et mon parti. Ils ont essayé d’entacher ma réputation et mon Intégrité que j’ai construites à travers plus de 25 ans dans l’administration sénégalaise et au plan international dans le cadre de mon travail en tant qu’expert consultant avec mon bureau d’études et services. Mais cette décision du tribunal participera à rétablir davantage ma réputation».
«Malgré ce différend, j’ai toujours refusé de quitter la coalition Diomaye Président»
Concernant son avenir dans la coalition Diomaye Président, Cheikh Dieng réaffirme son ancrage et son engagement auprès du président de la République. «Je fais partie des membres fondateurs de la coalition Diomaye Président. Je fais partie de ceux qui ont contribué à l’élection du président de la République. Je suis de ceux qui ont contribué à lui donner 130 députés à travers la liste de Pastef. Malgré ce différend avec Cheikh Tidiane Dièye, j’ai toujours refusé de quitter la coalition parce que je suis totalement en phase avec la perspective tracée par le Président Bassirou Diomaye Faye en termes de souveraineté nationale, de justice et de prospérité partagée. Je continuerai donc à soutenir le président de la République».
«Sonko a été imprudent de donner raison à Cheikh Tidiane Dièye»
Concernant l’attitude de Ousmane Sonko qui avait donné raison publiquement à Cheikh Tidiane Dièye lors d’un meeting, Cheikh Dieng assure que C’était très imprudent de sa part. Quand on est à un certain niveau de responsabilité, on doit faire preuve de sérénité par rapport aux problèmes de gestion entre un Directeur général et son ministre de tutelle. Il a outrepassé ses fonctions de Premier ministre», dit-il.
À la question de savoir s’il compte poursuivre à son tour les sociétés Vicas et Delta, Cheikh Dieng soutient qu’il n’a pas un esprit revanchard et son combat dépasse les personnes ou des sociétés. «Dieu m’a rétabli dans mon honneur et ma dignité. Je ne vais certainement pas courir derrière des indemnités. Mon combat est plus grand et plus important», conclut-il.
Nd. Kh. D. F