Face aux difficultés qui entourent la préparation des élections générales prévues le 6 décembre 2026 en Guinée-Bissau, le gouvernement sénégalais appelle les autorités de transition à privilégier le consensus, à lever les restrictions sur les activités politiques et à renouer le dialogue avec les forces politiques et sociales du pays.
La situation politique en Guinée-Bissau préoccupe Dakar. Dans une déclaration rendue publique ce 8 octobre, le Gouvernement sénégalais dit suivre « avec une grande attention » les derniers développements dans ce pays voisin, notamment les difficultés annoncées dans l’organisation des élections générales initialement programmées le 6 décembre prochain. Les autorités sénégalaises disent prendre acte des contraintes « juridiques, techniques et institutionnelles » évoquées par les autorités de transition, susceptibles de compromettre le respect du calendrier électoral. Mais pour Dakar, un éventuel report ne saurait se décider de manière unilatérale.
Pas de report sans consensus
Le Sénégal pose ainsi les conditions d’une éventuelle modification du calendrier électoral. Celle-ci, estime le gouvernement, doit impérativement s’inscrire dans une démarche consensuelle, inclusive et transparente, avec des garanties précises sur la fin de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais.
Dakar insiste également sur la nécessité de rétablir un environnement politique plus ouvert. Le gouvernement sénégalais juge indispensable de lever les restrictions visant les activités politiques et civiles, afin de permettre aux différentes composantes de la société bissau-guinéenne de participer pleinement à la préparation des futures consultations. Pour le gouvernement du Sénégal, la crédibilité des élections passe avant tout par la restauration d’un climat de confiance entre les différents acteurs.
Dakar appelle les militaires à la retenue
Dans ce contexte tendu, le Sénégal lance également un appel à la responsabilité de l’ensemble des protagonistes, y compris les responsables militaires. Le gouvernement du Sénégal les exhorte à faire preuve de « retenue » et à placer l’intérêt national au-dessus des considérations politiques ou institutionnelles. L’objectif est clair : éviter une nouvelle aggravation des tensions et préserver la paix civile dans un pays déjà marqué par une forte instabilité politique.
Le Sénégal qui assure actuellement la présidence en exercice de la Cedeao invite, dans le même temps, les autorités de transition à ouvrir un dialogue constructif avec l’ensemble des forces politiques et sociales bissau-guinéennes. Il s’agit de s’accorder sur les conditions et les modalités d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel.
Dakar entend donc poursuivre ses efforts de médiation, en concertation avec les autres États membres de l’organisation régionale et les partenaires concernés. Le Sénégal réaffirme toutefois que cette démarche doit se faire dans le respect de la souveraineté de la Guinée-Bissau et des aspirations démocratiques de son peuple.
Au-delà du calendrier électoral, le message sénégalais vise ainsi à prévenir une nouvelle crise institutionnelle dans un pays voisin avec lequel Dakar entretient des liens historiques, géographiques et humains étroits. Le Gouvernement sénégalais réaffirme sa par ailleurs sa « solidarité fraternelle » avec le peuple bissau-guinéen.
Nd. Kh. D. F