SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE DU SENEGAL : Le taux de chômage s’élève à 21,6% en 2024




 
 
 
 
 
Il ressort de la section Emploi-revenus du rapport sur la situation économique et sociale du Sénégal en 2024 que la population en âge de travailler représente 58,4% et le taux de chômage s’élève à 21,6%. Ce taux est plus élevé en zone rurale 24,7% contre 19,4% en zone urbaine. La répartition des chômeurs révèle aussi que les sans-instructions forment la majorité des demandeurs d'emploi (67,7%).
 
 
 
 
 
Au cours de l'année 2024, la population en âge de travailler (15 ans ou plus) représente 58,4% de la population sénégalaise. La répartition selon le milieu de résidence montre que la majorité de cette population réside en zone urbaine (60,1%) contre 39,9% en milieu rural. Cette configuration traduit une urbanisation croissante et une forte attraction des centres urbains. s sont concentrées dans la région de Dakar. La population en âge de travailler est jeune et majoritairement constituée des femmes avec des niveaux d'instruction faibles. En effet, cette population, qui est légèrement dominée par les femmes (50,5% contre 49,5% d'hommes) est constituée de 58% de jeunes. La part des jeunes qui ont moins de 25 ans révolus est estimée à 34,6% en 2024. Selon le niveau d'instruction, plus de la moitié de la population en âge de travailler n'a jamais fréquenté l'école (57,2%) et la quasi-totalité de ceux qui ont fréquenté ont au plus le niveau secondaire (93,2%). Seul, une minorité a pu atteindre le niveau supérieur (6,8%). Ce constat illustre un déficit de qualification et pose des enjeux majeurs pour l'insertion professionnelle et la productivité.
 
52,8% des chômeurs résident en zone urbaine et 47,2% en zone rurale
 
Le taux de chômage national s'élève à 21,6%, mais il cache de fortes disparités selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, il est plus élevé en zone rurale (24,7%) qu'en zone urbaine (19,4%). Toutefois, en termes absolus, la répartition des chômeurs apparaît relativement équilibrée, avec 52,8% résidant en zone urbaine et 47,2% en zone rurale. Cela traduit le fait que, malgré une intensité plus forte du chômage en milieu rural, le poids démographique des zones urbaines maintient une part importante de chômeurs en ville. Les femmes sont beaucoup plus touchées par le chômage, avec un taux de 33,9%, contre 12,8% pour les hommes. Cette tendance se retrouve dans la répartition des chômeurs, où les femmes constituent près des deux tiers de la main-d'œuvre en chômage (65,3%), confirmant leur vulnérabilité sur le marché du travail et les difficultés d'accès à l'emploi. Le chômage touche particulièrement les personnes sans instruction (23,0%) et celles ayant atteint le secondaire (22,6%). En revanche, les diplômés du primaire enregistrent le taux de chômage le plus faible (15,3%), tandis que les diplômés du supérieur affichent un taux de 18,2%, inférieur à la moyenne nationale.
 
67,7% des demandeurs d’emploi sont sans-instruction
 
Cependant, la répartition des chômeurs révèle que les sans-instruction forment la majorité des demandeurs d'emploi (67,7%), suivis par ceux ayant atteint le secondaire (17,3%) et le supérieur (5,5%). Cela reflète le poids structurel de la population peu instruite dans la main-d'œuvre globale, tout en soulignant la persistance de difficultés d'insertion même pour les niveaux scolaires plus élevés. Le taux de chômage est aussi le plus élevé chez les plus jeunes (29,6%) et reste élevé chez les personnes âgées de 25 à 34 ans (25,3%), avant de chuter à 16,0% chez les adultes. Toutefois, la répartition effective des chômeurs montre une relative concentration dans les tranches d'âge supérieures. En effet, les 15-24 ans représentent 29,9% des chômeurs, contre 32,9% pour les 25-34 ans et 37,2% pour les 35 ans ou plus. Autrement dit, même si les jeunes sont proportionnellement plus exposés au chômage, les adultes constituent une part plus importante en effectif, traduisant la persistance du chômage tout au long de la vie active.
 
Les nouvelles recrues dans la Fonction publique s’élèvent à 10.835 en 2024 contre 13.063 en 2023
 
Le nombre d'employés dans la fonction publique s'établit à 183.693 en 2024 (Direction de la solde), soit une progression de 4,0% par rapport à 2023. Cette augmentation est en liaison avec la progression de 1,5% du nombre de salariés dans le secteur de « l'éducation nationale, la formation professionnelle et de l'artisanat ». En revanche, le secteur de la santé et de l'action sociale enregistre une légère baisse de 0,1%, avec un effectif passant de 10.335 à 10.323 employés sur la même période. Pour ce qui est du nombre de nouvelles recrues dans la fonction publique en 2024, il s'élève à 10 835 contre 13 063 en 2023, soit une baisse de 17,1%. Les départs à la retraite, quant à eux, ont connu une hausse de 44,8% en 2024 en s'établissant à 4 495, contre 3 104 en 2023. S'agissant de l'emploi dans les entreprises formelles hors administration publique, il est évalué à 335.653 en 2024 contre 337.751 un an plus tôt, soit une baisse de 0,6%. Cette évolution résulte de la diminution des effectifs notée dans l'industrie (-7,0%). En revanche, les emplois dans la construction, le commerce et les services ont cru respectivement de 12,4%, 2,5% et 0,3% sur la période.
 
La masse salariale dans le secteur moderne hors administration publique s’élève à 1540,4 milliards et à 1431 milliards dans la fonction publique en 2024
 
En 2024, la masse salariale dans le secteur moderne hors administration publique s'établit à 1540,4 milliards francs Cfa contre 1440,4 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 6,9%. Cet accroissement fait suite à l'augmentation de la masse salariale dans les secteurs de la construction (+27,8%), de l'industrie (+11,2%), du commerce (+6,6%) et des services (+2,0%). De même, l'augmentation de la masse salariale des services est principalement liée à l'accroissement des rémunérations dans tous les sous-secteurs à l'exception de ceux de l'immobilier (-11,8%), de la santé (-3,5%) et des activités financières et d'assurance (-3,3%). Une grande partie (92,0%) des salaires versés en 2024 par le secteur moderne des entreprises est destinée aux employés permanents. Une part assez considérable des rémunérations dans les sous-secteurs de l'enseignement (31,1%), de la construction (25,1%) et des services de soutien et de bureau (25,0%) est versée au personnel saisonnier. En sus, 72,7% des salaires versés aux permanents en 2024 sont perçus par les hommes. Pour la fonction publique, il est enregistré une croissance de la masse salariale de 10,6% entre 2023 et 2024. En effet, elle est passée de 1272,1 milliards de francs en 2023 à 1431,0 milliards de francs en 2024.
 
Le revenu disponible annuel par habitant s’élève à 712.342 francs en 2022
 
Le revenu disponible brut (Rdb) des ménages s'élève à 12.636,1 milliards (base 2014) en 2022 contre 11.431,4 milliards en 2021, soit une hausse de 10,5%, après une évolution de (+8,5%) en 2021. Quant au revenu disponible annuel par habitant, il s'est établi à 712.342 francs Cfa en 2022 contre 663.712 en 2021, soit une progression de 7,3%. Après une contraction de 1,4% en 2021, les revenus nets de la propriété reçus par les ménages ont augmenté en 2022 de 14,6% pour s'établir à 239,1 milliards. Les rémunérations salariales reçues par les ménages ont crû de 13,2% en 2022 contre 9,6% en 2021. Après une hausse de 5,7% en 2021, le solde des revenus primaires s'est renforcé de 12,7% en 2022. En 2022, les transferts courants (hors cotisations et prestations sociales) qui constituent une des principales composantes du revenu des ménages ont atteint un montant de 1 625,1 milliards de FCFA, en termes nets, soit un accroissement de 4,4% après 23,5% en 2021. Quant aux impôts courants sur le revenu, ils ont augmenté de 41,0% en 2022, après un repli de 7,4% en 2021. Une hausse des prestations sociales de 1,4% et des cotisations sociales de 3,3% en 2022 est notée.
 
40.300 adhérents à l’Ipres 2024 contre 38.381 en 2023
 
Le nombre d'adhérents de I'Ipres est passé de 38.381 en 2023 à 40.300 en 2024, soit une progression de 4,9%. En termes d'effectif, cette évolution représente 1919 adhérents. Ces derniers sont constitués par les employeurs qui ont l'obligation d'affilier leur personnel salarié à I'Ipres. En sus, les cotisants sont passées, de 567.103 en 2023 à 577.171 en 2024 soit une augmentation de près de 1,8%. En ce qui concerne les charges de l'Ipres, une hausse a aussi été notée sur la période 2023-2024. Elles sont passées de 131.406.339.000 francs Cfa en 2023 contre 153.246.846.000 francs Cfa en 2024, soit une hausse d'un peu plus de 16% au moment où les recettes ont connu une hausse de 2,28% passant ainsi de 166.197.928.000 francs Cfa à 170.000.000.000 francs Cfa en 2024. En fin décembre 2024, le nombre total de cotisants au Fnr a augmenté de 6495 tandis que l'effectif des cotisants et des pensionnés ont atteint respectivement 144.543 et 75.134, soit un de 1,92 rapport démographique cotisants/allocataire, contre 1,86 un an plus tôt. Par ailleurs, le Fnr a enregistré des recettes de 177 milliards en 2023 contre 171.010 millions en 2024. En revanche, les dépenses sont statuées à 141.395 millions en 2024 contre 139.282 millions en 2023.
 
M. CISS
 
 
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