Il ressort de la du rapport sur la situation économique et sociale du Sénégal de 2024 section conditions sociales que la promiscuité touche plus de la moitié des ménages locataires (53,7%). S'y ajoute une proportion de ménages en situation de surpeuplement qui atteint 54,2% parmi les co-locataires, dont 31,0% en surpeuplement sévère et 23,2% en surpeuplement modéré.
La distribution régionale des logements fait apparaître une forte concentration dans la région de Dakar. La capitale regroupe 99,1% des appartements dans un immeuble, 78,1% des maisons à étages, 24,3% des baraques et 18,5% des maisons basses, tandis que les cases n'y représentent que 2,9%. Concernant la région de Thiès, il est noté une présence de 16,4% des maisons basses, 13% des baraques et 8,6% des maisons à étages. Les cases sont majoritairement présentes dans les régions de Tambacounda (14,4%), Louga (11,6%), Kaffrine (11,8%) et Kolda (10,9%). Les ménages de 1 à 4 personnes occupent principalement des maisons basses (49,4%), des maisons à étages (37,7%) et des cases (9%). Pour les ménages de 5 à 9 personnes, la proportion de maisons basses augmente à 63,2%, tandis que celle des maisons à étages diminue à 21,4%, et les cases représentent 13,1%. Cette tendance se poursuit pour les ménages de 10 à 14 personnes, avec 70,6% en maisons basses, 14,2% en maisons à étages et 13,5% en cases. Les grands ménages, comptant entre 20 et 56 personnes, résident majoritairement dans des maisons basses (75,6%), suivies des maisons à étages (13,7%) et des cases (9,2%). Les très grands ménages de plus de 56 personnes se concentrent encore davantage dans les maisons basses (80,2%), avec une présence notable dans les maisons à étages (18%), tandis que leur présence dans les autres types de logement reste marginale. La fracture entre milieux urbain et rural est particulièrement marquante. Les zones urbaines affichent des taux d'équipement systématiquement deux à cinq fois supérieurs à ceux des zones rurales. Cette disparité est particulièrement prononcée pour la bonbonne de gaz, avec 74,4% des ménages urbains équipés contre seulement 16,5% en milieu rural. De même, la possession de télévision illustre cet écart avec 82,2% des ménages urbains équipés contre 36,7% en zone rurale.
Sept ménages sur 10 propriétaires de leur logement, les locataires représentent 23,6%
En 2023, près de sept ménages sur dix (67,4%) étaient propriétaires de leur logement. Les locataires représentaient 23,6%, répartis entre la location simple avec contrat (11,1%), la location simple sans contrat (9,0%), la co-location sans contrat (1,9%), la co-location avec contrat (1,2%) et la location-vente (0,4%). En outre, 5,1% des ménages étaient co-propriétaires, 0,3% occupaient un logement de manière informelle et 2,3% étaient logés par un employeur, un parent, un ami ou une autre personne. Les ménages locataires sont plus nombreux en milieu urbain (37,8% de locataires contre 62,2% de propriétaires) qu'en milieu rural (2,0% de locataires contre 98,0% de propriétaires). Selon la région, les régions les plus urbanisées telles que Dakar (56,1% de locataires contre 43,9% de propriétaires), Ziguinchor (29,9% de locataires contre 70,1% de propriétaires), Thiès (16,7% de locataires contre 83,3% de propriétaires) concentrent les proportions les plus élevées de ménages locataires. Les proportions de ménages locataires les plus faibles sont observées dans les régions de Louga (3,3% de locataires contre 96,7% de propriétaires), Kaffrine (4,0% de locataires contre 96,0% de propriétaires), Diourbel (4,4% de locataires contre 95,6% de propriétaires), etc.
La location-vente plus élevée dans des régions de Diourbel (8,5%), Kédougou (7,6%) et Sédhiou (5,4%)
En 2023, parmi les ménages locataires, 85,3% sont en location simple, 13,2% en co-location et 1,5% en location-vente. Quel que soit le milieu de résidence ou la région considérée, la location simple demeure le mode d'occupation dominant des ménages. Parmi les locataires, la proportion de ceux en location simple est plus élevée en milieu urbain (85,6%) qu'en milieu rural (75,5%). En revanche, pour la co-location et la location-vente, les proportions sont importantes en milieu rural (respectivement 17,6% et 6,9%) par rapport au milieu urbain (13,1% et 1,3%). Par ailleurs, les proportions de ménages en situation de location simple sont plus élevées dans les régions de Ziguinchor (88,1%), Dakar (87,2%), Kolda (85,7%), Tambacounda (81,8%), Thiès (80,3%), tandis qu'elles sont plus faibles dans les autres régions, notamment Kaffrine (72,6%), Diourbel (73,7%) et Louga (75,7%). En ce qui concerne les ménages en situation de co-location, les proportions les plus élevées sont observées dans les régions de Kaffrine (25,3%), Louga (21,6%), Kaolack (19,8%), Saint-Louis (19,8%) et Fatick (19,0%). En revanche, les niveaux les plus faibles sont enregistrés dans les régions de Ziguinchor (10,1%), Dakar (11,8%), Kolda (12,4%) et Kédougou (13,1%). La location-vente, bien que globalement faible, atteint des proportions beaucoup plus élevées dans des régions comme Diourbel (8,5%), Kédougou (7,6%) et Sédhiou (5,4%).
53,7% des ménages locataires vivent dans la promiscuité
Selon la situation par rapport à la promiscuité, il ressort globalement que plus de la moitié des ménages locataires (53,7%) vivent en situation de promiscuité. A l'exception des ménages en location-vente, les résultats montrent une promiscuité particulièrement marquée parmi les ménages en location simple et ceux en co-location. En effet, la proportion de ménages en situation de surpeuplement atteint 54,2% parmi les co-locataires (dont 31,0% en surpeuplement sévère et 23,2% en surpeuplement modéré) et 53,7% parmi les locataires simples (dont 29,1% en surpeuplement sévère et 24,6% en surpeuplement modéré).
M. CISS