SITUATION DE LA POSTE : Le Syndicat national des travailleurs sort les preuves contre le DG




 
La crise qui couve au sein du groupe La Poste Sénégal vient de franchir un nouveau palier. Dans un message au vitriol rendu public sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications, Ibrahima Sarr, dresse un réquisitoire sans concession contre la gestion de l'entreprise publique et dénonce l'inertie des autorités face au calvaire quotidien des travailleurs.
 
 
 
 
 
En ouvrant son propos, Ibrahima Sarr tient à saluer l'engagement constant du parlementaire aux côtés des postiers. Il rappelle que Guy Marius Sagna a été l'un des rares hommes politiques à porter le combat de l'entreprise nationale à l'Assemblée nationale, en interpellant à maintes reprises le gouvernement sur l'urgence d'un plan de sauvetage.
Cependant, malgré les promesses institutionnelles et les orientations issues du Conseil interministériel consacré à la restructuration de la société, le syndicaliste constate avec amertume l'absence d'avancées concrètes sur le terrain. Pour le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (Sntpt), les mesures de redressement annoncées restent lettre morte, pendant que l'outil de travail continue de se détériorer de jour en jour.
 
La chronologie de la réfection du logement de fonction étalée sur la place publique
 
Pour appuyer ces accusations, des documents visuels diffusés par le syndicaliste Coly Cissokho sous la bannière du Sntpt apportent des précisions chiffrées qui contredisent directement les déclarations du Directeur général, Maguette Kane. Intitulé «les faits parlent d'eux-mêmes», ce document dresse la chronologie exacte des actes administratifs engagés sous la responsabilité de la nouvelle direction arrivée en mai 2024.
La procédure de réfection du logement de fonction a débuté le 2 juillet 2024 avec le lancement de la demande de renseignements et de prix. La signature du contrat par le Directeur général est intervenue le 25 août 2024, avant l'approbation du marché le 3 octobre 2024 pour 49.740.894 F Cfa, puis sa notification finale le 8 octobre 2024. Le syndicat martèle qu'aucun engagement budgétaire ou contractuel n'avait été pris avant l'arrivée du nouvel administrateur.
 
Retards de salaires contre gabegie financière
 
Cette dépense de près de 50 millions de F Cfa passe d'autant plus mal que le contraste reste saisissant avec la précarité imposée aux agents. Ibrahima Sarr pointe du doigt les retards récurrents dans le paiement des salaires des postiers, qui plongent des milliers de familles dans l'angoisse à chaque fin de mois.
Le Sntpt dénonce une absence de vision stratégique clairement définie, une inertie dans la prise de décision et des choix de gestion largement contestés. Le syndicat qualifie cette dépense de gabegie incompatible avec les principes de bonne gouvernance qui doivent prévaloir dans une entreprise publique en difficulté.
 
Un appel pressant aux principes de reddition des comptes
 
Invoquant les orientations de rupture promues par le nouveau pouvoir, notamment les principes de rectitude et de reddition des comptes, le représentant des travailleurs exige un audit approfondi et sans complaisance des finances de l'entreprise.
Pour le syndicat, la priorité doit impérativement revenir à la relance des activités, la sauvegarde des emplois, la préservation du patrimoine public et l'amélioration du service rendu aux usagers. Ibrahima Sarr invite le député Guy Marius Sagna et l'opinion publique à maintenir la pression sur l'exécutif pour que des sanctions administratives et judiciaires soient prises si nécessaire, afin d'imposer une gestion saine, rigoureuse et transparente au sein de La Poste.
 
Samba THIAM
 
LES ECHOS

Dans la même rubrique :