SITUATION CATASTROPHIQUE DANS LES MAISONS DE PRESSE : Les Jeunes reporters préconisent une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens des entreprises incriminées




 
 
Dans un communiqué publié hier dans la soirée, la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) marque son indignation devant la démarche ‘’irresponsable’’ de plusieurs entreprises de presse qui «utilisent leur situation fiscale comme subterfuge pour se dérober de leurs obligations légales envers les journalistes et techniciens des médias». Aussi, la Cjrs appelle les autorités à soumettre les entreprises de presse qui ne sont plus en mesure d’honorer leurs obligations envers les travailleurs et leurs créanciers à une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens.
 
 
 
Les entreprises de presse qui font face à des redressements fiscaux et dont les comptes bancaires pour certains sont touchés par un avis à tiers détenteur (Atd) ne pourront pas compter sur leurs jeunes travailleurs. Et pour cause, les jeunes reporters dénoncent énergiquement la situation qui prévaut dans beaucoup d’entreprises de presse au Sénégal. «La Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) constate avec une très grande désolation l'attitude irrespectueuse des entreprises de presse à l'égard de leurs personnels. Cette situation est d'autant plus désolante et grave qu'elle intervient en cette veille de fête de la Tabaski qui est très importante pour ces pères, mères et soutiens de familles», a fustigé avec énergie la Cjrs dans un communiqué signé par son Bureau exécutif national.
Poursuivant sa note, la Cjrs, qui trouve dommage que certaines entreprises de presse utilisent leur situation fiscale comme subterfuge pour se dérober de leurs obligations légales envers les journalistes et techniciens des médias, appelle les autorités à prendre leur responsabilité vis-à-vis de cette situation, préconisant même une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens des entreprises incriminées. «Il est temps que les autorités, au-delà de la fiscalité, insistent sur le nécessaire respect des droits des travailleurs. Conformément aux dispositions pertinentes du droit Ohada, en particulier de l'acte uniforme portant Code des procédures collectives, quand une entreprise n'arrive plus à honorer ses obligations envers ses créanciers, y compris les travailleurs, elle doit être soumise à une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens», fulmine encore l’organisation qui regroupe les jeunes journalistes sénégalais.
Mais, s’il en est ainsi, c’est que, estiment Migui Marame Ndiaye et ses camarades, «l'Etat n'a pas le droit de laisser ce statuquo perdurer au détriment des travailleurs». «Si l'objectif est vraiment de faire respecter la loi, il n'a qu'à aller jusqu'au bout de la logique. La Cjrs demande également à l'autorité de veiller au respect strict du Code de la presse sur les conditions relatives à la gouvernance transparente des entreprises de presse, condition sine qua non pour des entreprises viables et une meilleure administration de l'appui au secteur de la presse», notent-ils. Et d’appeler les patrons de presse à revenir à la raison en respectant scrupuleusement la législation en matière de droit du travail.
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 
LES ECHOS

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