Face aux députés de la commission d’enquête parlementaire, Seynabou Samb de l'Arcop s’est fondée sur les déclarations de deux agents à la tête des organes de passation du ministère de l’Enseignement supérieur pour conclure que le Programme « un étudiant, un ordinateur » ne figurait pas dans les plans de passation des marchés concernés.
Dans le cadre des travaux de la commission d'enquête parlementaire concernant la gestion et la mise en œuvre du projet « Un étudiant, un ordinateur », la commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale a procédé hier à l’audition de Seynabou Samb (Tosco), coordinatrice de la Cellule d'enquête à l'Arcop chargée du programme incriminé qui remonte à 2025. Cette audition vise à lever les zones d’ombres sur les irrégularités présumées du programme « un étudiant, un ordinateur » piloté par le ministère de l'Enseignement supérieur. A en croire la dame, la procédure choisie pour l'acquisition des ordinateurs posait problème. «Il y a eu un avis à manifestation d'intérêt qui n'était pas adéquat pour un marché d'ordinateurs», déclare Mme Samb qui rappelle que l'article 80 du Code des marchés publics encadre ce type d'avis pour les marchés de prestations intellectuelles non quantifiables, notamment lorsque l'administration cherche un savoir-faire spécifique. Ce qui lui fait dire que la procédure n’est pas adaptée. En effet, au-delà d’un certain seuil, l'administration doit recourir à un appel d'offres.
Poursuivant, elle est revenue sur les raisons ayant permis à l’Arcop de conclure que les deux contrats, d'un montant total de 5,7 milliards de francs Cfa hors taxes ne figuraient pas dans le plan de passation des marchés publics. A cet effet, elle fait allusion aux auditions de responsables de la cellule de passation des marchés du ministère de l’Enseignement supérieur ; ainsi que le président de la commission de passation des marchés publics qui aurait déclaré n'avoir jamais travaillé sur le Programme « un étudiant, un ordinateur » depuis son arrivée au ministère en question. Mieux, il dit n’avoir jamais entendu parler de ce programme et n’a jamais eu de dossier en rapport avec ce programme.
Pour sa part, le coordonnateur de la cellule de passation avait affirmé : « je ne connais rien du programme. Tout ce que je connais du programme, c’est au niveau de la budgétisation au niveau de la conférence budgétaire du ministère lors de la réunion de programmation budgétaire. C’est là où j’étais au courant du Programme ‘’un étudiant, un ordinateur’’. Mais, pour ce qui concerne l’activité, le déroulement du programme, je n’étais au courant de rien », explique cet autre agent du ministère. Ce qui a permis, à l’Arcop, selon Mme Samb, de conclure que le programme incriminé ne figurait pas dans les plans de passation des marchés concernés.
M.C